‹ Une réception au Temple: Alexandre de Vendôme, 1er février 1604Chapitre 5 sur 6 · Chevru, arr. de Coulommiers, Seine-et-Marne · texte numérisé non relu

Chevru, arr. de Coulommiers, Seine-et-Marne

18. Au Temple, le chef des religieux, garde de Téglise, curé de l'Enclos, c.-à-d. de la paroisse de Sainte-Marie-dn-Temple, était dit petit prieur, par opposition au grand prieur, dont la résidence ordinaire était aussi dans l'Enclos.

gieuk de Fçglise du Temple. — Etsuivant la commission et pouvoir à nous donné par Monseigneur Illustrissime nostre Grand Maistre* et son Conseil^, par bulle soubz plomb et forme autentioque, en datte du xxv*» Jour de Juing mil six cent trois, dernier passé, et estans deuement adverty de la bonnç et devotte intention que Monsieur Alexandre de Vendosme a de faire profession et d'estre vestu de Thabit de nostre ordre,, ce requérant en la présence et du vouloir de sa dicte Majesté, avons le diot AUexandre de Vendosme receu et admis à faire la dicte profession, et Tavons vestu de rhabit de la grande croiï, telle que les prieurs et baillifz de nostre ordre ont accoustumé porter, avec les solempnitez et cérémonies «qui ont accoustumé estres Ëiictes en telles réceptions*, à condition et charge qu'aiantattainct Taage porté par noz statutz et ordonnances, et suivant la dicte bulle, il fera les trois vœus substantiaulx et accou^tumez en nostre dit ordre. Ce que Sa Majesté, moiennant la grâce de Dieu, a promis luy faire accomplir et mettre à exécution. — En tesmoing de ce nous avons signé ces présentes de nostre main, et faict sceller du scel de nos armes en nostre maison du Temple, à Paris, le dymanche premier jour de febvrier, Tan mil six cent quatre.

Discours de ce qui s'est passé et des cérémonies faictes en la recep^ tion et profession de Monseigneur Alexandre de Vendosme^ et de rinvestiture de la grande croix.

Le vingtiesme jour de janvier Tan mil six cent quatre, le roy envola ung varlet de pied vers le seigneur grand prieur de France, estant à Launay, près Sens, une de ses chambres prioralles^, luy

1. Al. de Vignacourt, Maître français, 1601-1622. Une copie de sa lettre précède la pièce ci-jointe. Elle est du 25 juin 1603 (fol. 381). Il y a aussi un bref du pape, en date du 17 mai. (MM. 41.)

2. Le Conseil ou Chapitre souverain^ à Malte, était composé des Grands- Croix, chefs de langue ou Piliers, représentant les diverses nations de Tordre, sous les noms de Commandeur, Maréchal, Hospitalier, Amiral, Drapier ou Conservateur, Turcopiier, Bailli, Chancelier. (Langues de Provence, Auvergne, France, Italie, Aragon, Angleterre, Allemagne, Castille.) Le Prieur de l'église était le chapelain de ce chapitre, auquel se joignait encore l'évoque de Malte.

3. Les grands prieurs de France jouissaient en propre de quatre commanderies, avec leurs dépendances, et en étaient ainsi les seuls commandeurs ; ce fut ordinairement le Temple de Paris, Choisy-le-Temple, Lannay-les-Sens, et Saint- Jean-de-Latran, autrement dit VBépital ancien. Ces maisons portaient le nom de

faisant sçavoîr par une sienne lettre l'expédition qui lui estoit envoyée de Malte en faveur de Alexandre Monsieur, fils naturel de Sa Majesté, et le priant, estant sa commodité, se transporter en ceste ville de Paris, aiant intention que son dict fils receu[t] par luy, suivant la commission et mandement du seigneur Grand Maîstre et son conseil, l'ordre de chevalerie et feit profession en l'Hospital Saint Jehan de Jherusalem. Et pour rendre cest acte plus célèbre et solempnel, et y faire trouver le plus de commandeurs et chevaliers qu'il sepourroit, aussy luy fut escript à mesme fin par le sieur de Villeroy.

Auquel mandement le dit seigneur grand prieur s'achemina en la ville de Paris, y arrivant le 27* jour dudit mois de janvier, où il ne peult veoir le Roy que le samedi matin, qui estoit le dernier jour dudit mois de janvier, parce que Sa Majesté estoit à Saint-Grermain en Laye, dont il ne retorna que le vendredi au soir.

Le dit seigneur grand prieur ftit gratieusementacueillypar le Roy, qui lui confirma de sa bouche la mesme intention-, et pour le lieu à Texecuter, le seigneur de Rodes, maistre des cérémonies de France, avoit desja recongnu la commodité de l'enclos et église du Temple, où sa Majesté avoit consenty, à la supplication de l'ambassadeur dudit ordre^ que ceste cérémonie fut faicte, comme l'une des principalles maisons d'iceluy , auparavant designée en l'église des Augustins^.

Les princes, princesses. Messieurs le connestable, admirai, chevalliers du Saint-Esprit, nonce du pape, ambassadeurs d'Espaigne et de Venise, Monsieur le cardinal de Grondy, plusieurs evesques, Messieurs le chancellier et les sept presidens de la grande chambre du Parlement, furent invitez par commandement du Roy.

Les samedi et dimanche matin furent employez à parer la dicte église du Temple, laquelle fut tendue de fort riche tapisserie. Le grand autel, d'un parement de velours cramoisy parsemé de fleurs de lis en broderie d'or, et ung daix au dessus^ de mesme ; au mîllieu du cueur, entre les chaises et formes, fut faict ung eschafault de deux pieds de haut, couvert de riches tapis de Turquie avec ung daiz au dessus, de velours violet semé de fleurs de lis en broderie d'or, pour la place du Roy et de la Royne.

chambres prienrales, de même que la commanderie réservée au grand mattre dans chaque prieuré portait le nom de chambre magistrale.

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