II. CRÉDIT
Le mot crédit désigne une certaine espèce de propriété immatérielle, qui s’appelle aussi dette.
C’est le droit de demander une certaine somme d’argent de quelqu’un à une certaine époque.
C’est, par conséquent, la forme d’annuité la plus restreinte; annuité d’un seul terme, elle donne droit à demander un seul payement, tandis qu’une annuité en général donne droit à demander une série de payements.
Une opération de crédit est une vente ou un échange, où l’une des quantités échangées est une dette, ou même toutes les deux.
Le système de crédit consiste dans la création et la vente des dettes.
Il se compose de deux branches : 1“ le crédit commercial, qui consiste principalement dans la vente ou l’échange de marchandises contre des dettes ; 2“ le crédit des banques, qui consiste dans la vente ou l’échange de
l’argent ou de dettes contre d’autres dettes.
La question du crédit est la plus vaste et la plus profonde de l’économie politique. Ce que le calcul différentiel est en mathématiques, ce que la vapeur est en mécanique, le crédit l’est en commerce.
Si l’on considère le rôle puissant du crédit dans le commerce moderne, et l’influence qu’il exerce en bien ou en mal sur les nations, on aurait lieu d’en supposer une étude approfondie par les économistes et leur unanimité au sujet de sa nature et de ses effets. Mais il s’en faut tant qu’il