DEUXIÈME SECTION
IVaturc du crédit et élémeuts de sa théorie.
1“ Distiactiox ekthe un dépôt et une dette.
Il y a deux espèces de papiers de commerce, qui ont quelques ressemblances extérieures. Toutes deuxdonnent
des droits à certaines choses, et peuvent être transférées 1
de la même manière. Elles sont dès lors considérées par ■;
bien des esprits comme étant de même nature; mais elles (1
sont essentiellement distinctes ; et cette distinction radicale constitue la base de la théorie du crédit. i
Ces deux espèces de papiers sont, d’une part les con- I
naissements, les warrants et autres titres à certaines cho- I
ses ; d’autre part les billets de banque, les billets à ordre |
et autres formes de crédit.
Pour faire bien comprendre comment elles se distinguent, on va retracer l’origine de chacune.
Lorsque quelqu’un charge des marchandises à bord d’un navire, il reçoit du capitaine une reconnaissance de l’embarquement de ces. marchandises, avec promesse de les délivrer à celui qui sera propriétaire de ce papier. Cette pièce est appelée connaissement. Le chargeur envoie le connaissement àson consignataire, qui, aprèsl’avoir reçu, peut le négocier, c’est-à-dire peut le transférer par endossement à qui lui plaît; de sorte que la pièce peut circuler par plusieurs mains, et que celui qui, à un temps donné, en est le propriétaire, peut s’adresser au capitaine ' pour réclamer les marchandises. j
De même, quand des marchandises sont déposées dans ]
un magasin ou dock, le chef du magasin délivre un écrit )
analogue au connaissement, qui est appelé warrant, qui est à tous les égards transférable comme un connaissement ou un billet à ordre, et dont le propriétaire est le propriétaire des marchandises y mentionnées avec le droit de les demander et de les recevoir du chef de magasin. I
On doit remarquer dans ces deux cas que, si les mar- i chandises sont temporairement remises à la garde du ca- |
pitaine ou du chef de magasin, ils n’en ont nullement la |
propriété. La propriété des marchandises appartient au chargeur ou au déposant, et elle est par lui transférée en I