‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 45 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

Le mot prix de louage est employé pour les objets classés comme capital flottant ou circulant, ou comme propriété personnelle, tels que meubles, chevaux, voitures. Gages, salaires, honoraires , appointements, tels sont les mots usités daus les cas de services personnels rendus par des domestiques, par des ouvriers, par les hommes des professions libérales, par les employés. L’usage de l’argent, enfin, est appelé intérêt.

Nous commençerons par la rente de la terre. On sait que la propriété du sol est, dans la plupart des pays, entre les mains d’un nombre d’hommes relativement petit. Les propriétaires n’exploitent pas généralement euxmêmes leur capital, comme le font les manufacturiers et les commerçants, en salariant les gens qu’ils emploient ; pour une terre d’une certaine dimension, ils admettent à une sorte d’association temporaire d’autres individus, qui, au lieu de recevoir d’eux un salaire, s’acquittent envers eux de certaines redevances. Ces redevances consistent, soit en services personnels, soit en une partie des produits de la terre, soit enfin en une somme d’argent. Dans l’est de l’Europe, jusqu’à ces derniers temps, les paysans avaient l’usage d’une certaine étendue de terre, sous la condition de consacrer aux terres de leur seigneur un certain nombre de jours de travail. Celte espèce de service est appelée coroée. Dans d’autres parties de l’Europe, le cultivateur fournit au propriétaire une portion des produits du sol, ordinairement la moitié, ce qui les a fait appeler métayers \ eX. ce système prévalait autrefois, parce que l’argent était rare. Mais, dans la plupart des pays civilisés, le payement en nature a fait place au payement en espèces, ce qui constitue proprement la rente.

Le mot de rente désigne la part que le propriétaire reçoit des profits dérivant de l’exploitation de la terre comme

intérêt de cette espèce de capital. Il s’applique aussi,

comme il a été dit, aux mines, pêcheries, forôls, eaux courantes, privilèges, tandis que le mot loyer s’applique aux maisons, y compris les maisons qui ne sont pas occupées en vue d’un profit, telles que maisons d’habitation, maisons de campagne. Il n’y a rente ou loyer qu’autant que la propriété est prêtée à un autre, aj)pelé fermier ou locataire. Si le propriétaire s’en sert lui-même, il n’y a pas ^ plus de rente ou de loyer qu’il n’y a d’intérêt lorsqu’on trafique avec son argent.

Dans le métayage, la quantité et la valeur de la part que reçoit le propriétaire varie chaque année, suivant la récolte et le prix des denrées. Mais où règne le système perfectionné de la rente, le fermier s’engage habituellement à payer au propriétaire une somme fixe, qui ne varie pas suivant les fluctuations des prix. Cette somme étant payée, le’ fermier garde pour lui tout le reste du produit, quel qu’il soit. Un tel arrangement, en apparence peu équitable, a été éprouvé par l’expérience comme étant le meilleur.

Par suite des vues erronées qu’ont propagées Adam Smith et Ricardo sur la cause de la valeur, des débats puérils se sont élevés sur la question de savoir si la rente est ou non un élément du prix. La vérité est que la rente dérive du prix, et c’est tout ceque sur ce point il y a à dire.

La rente peut être augmentée par l’accroissement de la quantité produite, sans que le prix courant varie. Les améliorations dues à la science agricole, telles que drainage, engrais, assolements, peuvent accroître la quantité produite dans une proportion beaucoup plus forte que la dépense décapitai, ce qui revient à diminuer les frais de production. La diminution des frais de transport a aussi la plus puissante influence sur la prospérité de l’agriculture. Ainsi des rentes peuvent s’accroître, sans accroissement et même avec diminution du prix moyen.

Page 1