‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 54 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

certain nombre seulement gagnera, et que tous les autres doivent perdre. Dans une profession libérale, il est possible que tous réussissent, et il est possible également qu aucun n’ait assez de succès pour être en mesure de vivre de sa profession. En étendant 1 analogie d Adam Smith, on pourrait aller jusqu’à dire que la poésie est une loterie, et que la somme gagnée par les bons poètes est l’indemnité nécessaire de tout le temps perdu par les mauvais. Évidemment les honoraires des hommes de loi ne sont qu’un exemple de la loi de l’offre et de la demande. Rien n est plus faux que de dire que les honoraires sont élevés, parce que l’éducation est coûteuse. La vérité est qu’oii dépense beaucoup d’argent pour l’éducation, parce que la rémunération est élevée; et la rémunération est élevée, parce que la profession est d’une grande importance, et qu’une grande habileté y est rare. Les avocats illustres touchent de si beaux honoraires, non pas parce qu’il y a beaucoup de mauvais avocats, mais tout simplement parce que leurs talents sont importants et rares. Si leurs talents devenaient plus communs, leurs émoluments diminueraient. C’est la même loi que dans d’autres professions dont il a été question ci-dessus. De larges rémunérations qu’on peut obtenir attirent de grands talents; et c’est pour cette perspective qu’on supporte les fatigues et les frais d’une longue éducation.

11 ne reste plus à traiter, dans cet ordre de phénomènes, que la question de Xintérêt. Celte question est depuis longtemps décidée par l’économie politique; mais comme elle est loin d’être résolue par la législation sur le continent, qu’elle attend, eu France, sa solution prochaine, nous serons heureux de reproduire les développements dont elle est l’objet de la part de M. Macleod, et qui, à défaut de l’invention proprement dite, offrent le mérite de 1 exposition la plus ingénieuse comme la plus précise.

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Celui qui emploie dans une industrie son capital a le droit évident de garder pour son usage tous les profits résultant de ses opérations, que ces profits soient de 20, de 100 ou de 1,000 p. 0/0. Si un beau génie inventif applique son capital à la construction d’une machine, éminemment utile au public, il pourra réaliser d’immenses profits, et faire une brillante fortune. Aucun homme de bon sens ne lui enviera ses gains légitimes, et ne lui fera un crime de s’enrichir autant qu’il pourra. Probablement, au contraire , l’inventeur sera applaudi , recevra le titre de bienfaiteur de son pays , et son nom parviendra à la postérité.

11 arrive souvent que les hommes doués ainsi de grandes facultés et d’une aptitude industrielle, faite pour les enrichir eux-mêmes et leur pays, manquent de capital, ou des moyens de tirer parti de leurs facultés. D’un autre côté, il arrive que d’autres, possédant du capital, manquent des facultés naturelles nécessaires pour le mettre en œuvre, ou n’éprouvent pas le besoin ou le goût de s en servir. Dans cet état de choses , il est d’un avantage manifeste pour toutes les parties, et pour la société en général, que ceux qui ont de l’habileté et de l’industrie sans capital, et ceux qui ont du capital sans habileté ou sans énergie, s’associent et combinent leurs avantages respectifs. Cette combinaison produira un heureux résultat , et chacun des contractants devra naturellement participer aux profits de l’entreprise dans une proportion préalablement convenue. De telles transactions sont très-communes, et il y a deux méthodes habituellement employées pour le partage des profits. Celui qui avance le capital peut convenir de recevoir, soit une certaine portion du profit réalisé, soit une somme fixe proportionnelle au capital. Dans le premier cas. il consent à partager le risque du manque absolu de orofit, il devient associé. Dans le second cas, il restreint

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