‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 61 sur 187 · I. LES DOCTRINES. LH · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES. LH

cerne les dettes. La négociation des dettes de différentes sortes est appelée le crédiL L’invention du crédit est le trait caractéristique éminent du commerce moderne. 11 remplit dans le commerce exactement le même rôle que la machine à vapeur en mécanique. C’est une matière assez compliquée, et qui exige, pour être comprise, une connaissance approfondie de ses détails. C’est un sujet sur lequel, faute de posséder ces détails, l’économie politique s’est complètement fourvoyée; et les méprises sur la véritable nature du crédit ont provoqué dans les temps modernes les plus terribles catastrophes.

« Il V a deux grandes divisions du crédit, le crédit commercial et le crédit des banques ; elles sont tellement mêlées l’une et l’autre, qu’il n’est pas facile de les séparer, et qu’en les séparant on court le risque de se répéter. Nous le ferons néanmoins dans l’intérêt de la clarté. Le crédit est une question sur laquelle il est impossible de ne pas citer les doctrines établies. Nous essayerons, autant que possible, de tenir la controverse séparée du détail des faits. »

La matière est donc répartie en trois sections, savoir : l'" le crédit du commerce;. 2° le crédit des banques; 3° l’examen des doctrines de certains économistes sur le crédit.

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A. Le crédit commercial.

Les opérations de vente et d’achat jusqu’ici traitées représentaient un contrat qui n’impliquait pas l’idée de te)7ips, mais seulement celle de valeur, et la monnaie que

nous faisions circuler entre les parties représentait une dette immédiatemant acquittée. Mais il arrivait fréquemment que ces opérations, très-avantageuses pour la société, ne pouvaient s’effectuer faute d’un argent que les entrepreneurs n’avaient pas toujours en quantité suffisante, bien que ces opérations menées à fin dussent rendre les avances faites pour elles avec un large profit. Le progrès de la civilisation découvrit donc l’avantage qu’il y aurait à imaginer une monnaie constituant la preuve d’une dette, qui ne serait pas exigible au moment de 1 opération, mais à un terme convenu, lorsque l’opération serait complète et aurait produit de quoi acquitter la dette. C’est ce qu on

appelle le crédit commercial.

Un tel système ne pouvait être adopté qu’entre individus ayant confiance dans leur probité réciproque, dans leur bonne foi, dans leur capacité d’exécuter leurs contrats au moment fixé. Nul ne rendrait de service à autrui et ne s’engagerait à s’abstenir de demander un équivalent durant trois mois au plus, s’il n’avait la certitude qu au terme convenu , celui qui a reçu le service aurait le moyen et la volonté de payer l’équivalent, ou que, au défaut de ce dernier, la loi lui ferait obtenir prompte satisfaction. Il est évident que ce système repose sur la confiance, et qu’il ne peut exister où la population n’est pas d’une probité notoire.

Voici comment peut être retracée la négociation. A, manufacturier, connaissant la loyauté de B, son voisin, marchand au détail, lui vend des marchandises, et au lieu d’en demander le payement immédiat, qui pourrait gêner B, il reçoit de lui une obligation. Le payement n’aura lieu qu’au bout d’un certain temps, pendant lequel B peut raisonnablement compter sur la vente des marchandises et en recevoir le prix de ses clients. A, du reste, possédera la preuve de la dette et l’indication du terme de paye-

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