‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 63 sur 187 · I. LES DOCTRINES. 11b · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES. 11b

tuellement que le banquier prête de l’argent au manufacturier sur le gage des billets à ordre. 11 serait tout aussi exact de dire que l’acheteur du cheval prête de l’argent au vendeur sur le gage du cheval. Le fait est que la dette est achetée avec la garantie du manufacturier exactement comme le cheval avec la garantie du remboursement, dans le cas où le cheval aurait un défaut. Il importe de se faire à cet égard une idée juste, faute de laquelle cette matière a donné lieu à la plus grande confusion.

Le porteur du billet, le propriétaire de la dette peut en faire exactement le même usage que de tout autre article de commerce. S’il le préfère, il peut garder le billet et en recueillir le profit à l’échéance. S’il est dans le commerce et a un achat à faire, il peut acheter des marchandises en revendant la dette, ou, s’il a besoin d’espèces, il peut la vendre pour de l’argent, et, dans tous les cas, il jouira des profits pour le nombre de jours qu’il l’aura gardée. Si l’acheteur du billet le prend sans lui demander de l’endosser, c’est-àdire de mettre son nom au dos, la négociation est close, le payement est effectué tout aussi bien que si c’était en espèces. Si le billet n’est pas acquitté, le porteur n’apas contre lui de recours. Cependant, comme le porteur en général met du prix à la garantie de son nom, il est d’usage que chaque porteur d’un billet à ordre écrive successivement son nom lorsqu’il vend. Le billet a donc sur le dos le nom de chacun de ceux par les mains desquels il a passé, excepté celui du dernier.

Un petit nombre d’exemples feront comprendre comment le commerce est animé par le système d’escompte. Les marchandises ont diverses phases ; c’est d’abord l’importateur ou le manufacturier qui les a entre les mains ; puis le négociant en gros ; puis le détaillant, puis enfin le consommateur. Pour les trois premiers, les marchandises sont du capital ; ils les importent, en effet, les produisent

OU les achètent pour les \endre et réaliser des profits sur leurs ventes. Le quatrième les achète pour les consommer. Évidemment c’est le consommateur qui est la cause finale des trois opérations, et le prix qu’il paye doit suffire à en couvrir tous les frais, en ajoutant les profits. Mais il peut s’écouler un temps considérable avant que les marchandises parviennent des manufacturiers à leur destination définitive, et que le capital employé dans leur production et dans leur distribution soit remplacé de manière à servir à des opérations nouvelles. Si les trois entrepreneurs n’ont pas d’autres capitaux pour continuer leur industrie jusqu’à ce que le consommateur ait acheté et payé les marchandises, ils seront obligés de s’arrêter, jusqu’à ce qu’on les rembourse. Mais s’ils obtiennent du capital en vendant les dettes contractées envers eux, de manière à pouvoir continuer immédiatement, il est clair qu’ils pourront produire sans interruption et verser comme un flot continu de marchandises.

Il est dans l’intérêt du pays que l’argent ne dorme pas et qu’il mette en mouvement l’industrie autant qu’il le peut. Bien des particuliers n’éprouvent pas le besoin immédiat des services que l’argent commande, de sorte que, s’il restait dans leurs mains, il serait stérile. En outre, chacun en possède comparativement une petite quantité. Mais les sommes appartenant à un grand nombre d’individus sont réunies dans une banque, comme une multitude de petits filets d’eau dans un grand réservoir. La banque aura ainsi à sa disposition une forte somme et en fera aisément un emploi avantageux, parce que ceux qui ont besoin de capital pour les opérations commerciales, savent où ils le trouveront.

Les fonctions d’une banque, on le voit, dans le corps commercial, ressemblent à celles du cœur dans le corps humain. Elle attire à elle le capital, qui est comme le

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