‹ Une rue de Paris et son habitantChapitre 8 sur 13 · SECOND SERVICE 2G · texte numérisé non relu

SECOND SERVICE 2G

— Au fait, il a la rosette ! se dit le cocher.

Le professeur, qui se trouvait infiniment mieux en fiacre, s'abandonna complètement à la recherche d'une démonstration qui coquelait avec son système sans vouloir se rendre, la coquine!...

La voiture s'arrête à l'Institut, le portier voit l'académicien et le salue respectueusement. Le cocher, qui n'a plus aucun soupçon, se met à causer avec le concierge de l'Institut, pendant que l'illustre professeur se rend, à huit heures du soir, à l'Académie des sciences.

Le cocher raconte au concierge où il a chargé.

— Au pont d'iéna ? dit le concierge ; M. Marmus revenait de Passy, il avait sans doute dîné chez M. Planchette, un académicien de ses amis.

■ — Il n'a jamais pu me dire son adresse.

— 11 demeure rue Duguay-Trouin, if 3.

— Joli quartier, dit le cocher.

— Mon ami, dit au concierge le professeur qui avait trouvé la porte close, il n'y a donc pas séance ?

— Aujourd'hui, répond le concierge, à pareille heure !

— Mais quelle heure est-il donc ?

Près de huit heures...

— Il se fait tard. Allons ! chez moi, cocher.

Le cocher prend les quais, la rue du Bac, se fourre dans les embarras, revient par la rue de Grenelle, la Croix-Rouge, la rue Cassette ; puis il se trompe, il cherche la rue d'Assas par la rue Honoré-Chevalier, par la rue Madame, par toutes les rues impossibles : et il débarque, à neuf heures, le professeur rue Duguay-

Trouin, en jurant que, s'il avait connu l'état de la rue, il ne serait pas monté là pour cent sous.

Enfin, il réclame une heure, car alors les ordonnances de police qui défendent les consommateurs de temps en voiture contre les ruses des cochers, n'avaient pas encore pavoisé les murs de Paris de leurs articles protecteurs, où toutes les difficultés sont prévues.

— C'est bien, mon ami. — Pa3'ez-le ! dit le savant à M""® Adolphe. Je ne me sens pas bien, ma chère enfant, dit-il en entrant dans le jardin.

— Monsieur que vous avais-je dit ? s'écria M"'' Adolphe ; vous avez trop mangé. Pendant votre absence, je me suis dit : « C'est la fête à M™" Vernet ; on va me pousser monsieur, et il me reviendra malade. » Allons, couchez-vous, je vais vous faire du thé.

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