‹ Une saison de fouilles à SipparChapitre 32 sur 95 · V. SC HE IL · texte numérisé non relu

V. SC HE IL

jarres en lerre cuite; 2° les cuves ou sarcophages en terre cuite; .‘1° les monuments proprement dits ou constructions en briques.

Je n’ai pas l’intention de formuler ici une théorie générale sur la sépulture en Chaldée.

Les tombeaux que j’ai rencontrés en si grand nombre, ne sont pas de la même époque, et pour aucun il n’est facile de fixer un âge. D’autre part, plusieurs modes de sépultures ont pu exister simultanément, si bien (pie j’estime plus sage pour le moment, d’exposer simplement ce que j’ai vu, sans chercher à synthétiser mes observations, ou à les harmoniser avec ce que d’autres ont pu constater à leur compte, sur d’autres points de la Babylonie.

Les vestiges les plus fréquents de sépulture que l’on rencontre à Sippar sont les jarres en terre. On les trouve partout à peu de profondeur, et quelquefois elles effleurent le sol. Tout d’abord, on est ravi d’en rencontrer; cela parait plein de promesses; on dégage avec soin le vase ou le chapelet de vases superposés, emboîtés l’un dans l’autre. On constate bientôt avec désappointement qu’ils ne contiennent que de la terre mêlée à quelques tessons; et on voudrait dès lors les éviter comme un leurre.

Ils sont généralement à panse énorme, ouverts par le liant et par le bas, l’ori- I i ce inférieur étant toujours plus vaste; ou à forme de cloche, ouverts de même aux deux extrémités, et pouvant se poser à plat sur une surface unie.

Une autre variété comprend les vases à une seule ouverture, affectant les formes les plus diverses, cylindriques, cônes tronqués, etc.

Les premiers si* superposaient souvent, de manière à ce que la partie inférieure du vase supérieur descendit se poser jusque sur la convexité du vase inférieur; il arrivait parfois que les deux vases s’adaptaient par les bords, sans se dépasser. Des nattes étendues à plat fermaient le récipient ou séparaient ceux qui ne se pénétraient pas.

Je le répète, le plus souvent ces tombeaux ne contiennent que de la terre et des fragments de tessons; et encore, cette terre n’est ni plus légère ni autre crue celle du sol ambiant. J’y ai cherché en vain des traces de cendres ou de matières organiques putréfiées. Les restes qu’ils contenaient durent se mêler, ou avoir été mêlés par les ensevelisseurs, à la terre, au point de ne pouvoir plus en être distingués. Çà et là aux alentours, on constate quelques traces de cendres, suite d’incendie ou d’une crémation.

Marement on trouve de ces jarres (et dans ce cas, elles sont de petites dimensions] entièrement \ides de terre, et contenant des ossements. J’en rencontrai une avec les restes d’un enfant avec un petit collier de grains de cornaline et d’ambre rompu. Une phalange de doigt supportait encore un anneau de cuivre. Tout à côté, un autre récipient plus petit contenait quarante osselets de forme identique, qui devaient servir sans doute à amuser l’enfant dans l’autre vie. Le vase principal n’avait

certainement pas la capacité voulue pour contenir le moindre enfant avec ses dimensions naturelles. D’autre part, ii n’y avait pas trace de crémation, et l’on ne peut dire comment ces ossements furent desséchés et recueillis.

Je croirais volontiers que ces vases funéraires sont les plus récents de tous les genres de sépultures qu’on rencontre à Sippar. Ils sont, comme je l’ai dit, souvent presqu’à niveau du sol; l’un d’eux se trouvait au milieu d’une chambre du temple, dans les galeries de la première enceinte sacrée, en P. Il fallait naturellement que

Vase funéraire trouvé clans une chambre du temple, en P.

cette partie fut déjà, sinon écroulée et comblée de terre, au moins abandonnée quand on y plaça ce vase.

Un grand nombre de pièces pareilles se trouvaient dans les monticules voisins de N, et dans la projection des points PO et entre RM. Sur ce dernier espace, on aperçoit un grand nombre de puits dont l’orifice est presqu’à hauteur du sol, et qui atteignent souvent jusqu’à dix mètres de profondeur. Ils sont formés par de grands cylindres en terre cuite superposés. Chacun de ces cylindres est d’une pièce ou de

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