‹ Une saison de fouilles à SipparChapitre 4 sur 95 · V. SC HE IL · texte numérisé non relu

V. SC HE IL

mit à mal trois de nos Arabes, pour quelques jours seulement. Les deux monticules voisins ne contenaient que des tombeaux ou vases funéraires, souvent emboîtés I un dans l’autre, et une tablette de l’époque du roi Kandalanu.

Là dessus, nous nous portâmes avec nos hommes sur le terrain de la ville ellemême. c'est-à-dire, sur cette portion de ruines entièrement séparée du temple et de

Maison située au X.-Q. du point P du plan, au bord du chemin.

ses dépendances, par nu chemin très large qui a dû exister de tout temps. On forma quatre ou ci mj équipes, en comptant deux pelles ou marr par pioche ( hazma ), et deux zambih ou confies par pelle.

Nous attaquâmes tous les points de la ville, successivement, sans jamais rencontrer autre chose <pie des maisons privées, plus ou moins grandes, denses, contiguës, ayant formé de vrais groupes et des rues.

Luire temps, j’allai visiter une autre ruine qui a nom Dêïr, située à l’est d’Abou Habba. 11 faut deux heures à peine pour s'v rendre. Je ne pouvais, à celle petite distance, me dispenser du voyage. Chemin faisant, on franchit plusieurs lits d’anciens canaux d une largeur variant entre dix et quinze mètres. La plaine est d’une richesse inouïe, et justifie entièrement le nom de Abou Habba, qui veut dire Père du blé. Je

ne iis jamais plus belle moisson, bien qu’il n’y existe d’irrigation d’aucune sorle, en dehors de quelques rigoles utilisées par les Arabes, et que la culture soit aussi primitive que possible. L’Arabe, d’ailleurs, ne sème guère que ce qui suffît à ses besoins personnels.

A l’approche de Dêïr, on est frappé de la beauté de l’enceinte, du double plus élevée que celle de Sippar. Gomme dans cette dernière ville, un superbe canal coulait à même l’un des côtés de l’enceinte. En entrant par la grande porte, on ne peut se détendre d’une vive impression, et on croirait pénétrer dans une ville moderne plutôt que dans une ruine.

Toutefois, l’ancien Dêïr était de très petites dimensions, une citadelle plutôt qu’une cité. M. W. Budge y a pratiqué des fouilles, quelques années avant mon arrivée en

Mésopotamie, et a obtenu, paraît-il, d’assez modestes résultats. Les Arabes, de leur côté, ont sondé le terrain en maint endroit. A en juger par ce qui a été mis à nu, il n’y avait là aucun temple. Ces fouilles, d’ailleurs, n’avaient rien de méthodique ni de complet, et il reste, à droite en entrant, tout un plateau d’un niveau plus élevé, que personne n’a encore attaqué. On y a essayé, tout au plus, une longue tranchée de peu de profondeur, sans pousser plus loin les recherches. Là aurait pu se trouver à la rigueur un temple, celui d’Anunit, si Dêïr était Sippar sa Anunit, comme Aboli Habba

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