‹ Une saison de fouilles à SipparChapitre 3 sur 95 · V. SC H El L · texte numérisé non relu

V. SC H El L

La vie du fouilleur est une série continue d’émotions toujours violentes; de joie, quand il fait des découvertes, d impatience, quand elles se font attendre. G est 1 état d ame qui allait être le mien.

Je fus naturellement tenté de m attaquer au monticule principal de la ruine, au Temple. C’était là, estimais-je, le lieu naturel des archives, des documents historiques , religieux, des objets de prix, intéressant le plus la science et 1 archéologie. Rassam n'avait pas touché le noyau du monticule; une seule tranchée en traversait le sommet, au lieu présumé de la zigguirat, à une profondeur de 1 o à i 5 mètres.

Un coin (le la première enceinte de la ziggurvat (P).

On mit donc la pioche aux points P et Q, où les murs de deux enceintes furent bientôt à nu, briques crues surmontées d’une couche de briques cuites, sans estampille rovale. En P, on toucha bientôt une chambre entièrement pavée de briques cuites légèrement recouvertes de bitume, que les Arabes appellent^, et qu’on trouve encore de nos jours aux environs de Bagdad, à Hit par exemple.

Au milieu de la chambre déblayée, on trouva un vase tumulaire, ouvert aux deux extrémités, posé à plat sur le pavé. 11 n’y restait trace d’ossements ou de cendres,

parmi la terre qui le remplissait. En Q, on rencontra des traces d’incendie ou des fours.

Des fouilles méthodiques eussent exigé de pousser à fond le déblaiement du temple. Je m’aperçus bientôt que c’était là des travaux de terrassement considérables, nullement en rapport avec le temps et les moyens dont je pouvais me permettre de dispo-

Tranchée en P.

ser. Je résolus donc de me rabattre sur la ville, où les édifices devaient être de petites dimensions, et faciles à vider.

Avant de réaliser ce dessein, nous fîmes sonder les quatre petits monticules situés en contre-bas de l’enceinte extérieure du temple (Q), et séparés l’un de l’autre, par des petits thalwegs, plus rétrécis qu’il ne paraît sur mon plan.

En N, on découvrit de gros murs très bas, en briques crues, et des chambres communiquant entre elles. Dans le monticule voisin, dont la Liste civile avait fouillé une partie, trois grandes chambres furent déblayées à 5 m. 70 c. de hauteur, sans autre résultat qu’une demi tablette cuite de l’époque de Hammurabi, et d’espèce commerciale. Elles étaient également pavées de briques cuites, recouvertes de bitume. Là, un accident faillit nous attrister. La terre se détacha d’un mur qu’elle dissimulait et

Page 1