HP RH RS
s 2} ft
nn cr
pra
DE du se a 2 1
et de Salliers, étaient arrivées à Chibouctou. D'un autre côté, une chaloupe venue de l'ile Saint-Jean, annonçait la présence dans le port Lajoie de deux vaisseaux de Suerre anglais, de quarante canons chacun, menacant d’intercepter l'entrée de la baie Verte, MM. de Bélestre et de Rigauville, envoyés à la découverte, ne revinrent qu'à la fin de juin, L'expédition débarqua le onze juillet sans accident sur l'isthme et fit sa jonction à Beaubassin avec un parti de sauvages abénaquis, descendus par la rivière Saint-Jean sous la conduite de M. de Saint-Pierre, Ce renfort porta le détachement À quatorze cents hommes,
MM. de Saint-Ouis et de Montesson, avec quelques Sauvages, avaient été envoyés en éclaireurs dans l’île Saint-Jean, Ils reconnurent qu'il n’y avait plusau port Lajoie que deux vaisseaux anglais, une frégate de vingtquatre canons et une flûte de huit, occupées à faire des chargements de provisions, que ’eurs équipages étaient sans défiance et descendaient souvent se reposer à terre,
Aussitôt M. de Montesson eut ordre de repartir avec un détachement de Canadiens et de sauvages micmaes, Il tomba à l'improviste sur les Anglais répandus sur le rivage, en tua, blessa ou prit une quarantaine et mit les autres en fuite, Un officier de distinction, le jeune Clinton, fils du gouverneur de New-York, fut poursuivi
chaudement et faillit tomber entre les mains des Micmacs. Une goélette qui était en chargement à quelque distance dans la rivière, aurait pu être prise si ces sauvages, selon leur habitude, n'avaient obéi à leur caprice plutôt qu'aux ordres du commandant, Ils lui
donnèrent le temps d’appareiller et de rejoindre les
En 5
vaisseaux dans la rade,
Au nombre des prisonniers se trouvaient deux otages de l’île Saint-Jean, Les habitants, ne pouvant plus résister dans les bois où ils s'étaient réfugiés, avaient, comme on l'a vu, envoyé une députation aux Anglais, qui avaient consenti à ne pas inquiéter les insulaires, sur la promesse faite par ceux-ci de livrer six otages et
de vendre des provisions, À
M. Coulon de Villiers, à la tête de deux cents hommes, f. alla occuper le bassin des Mines, d’où le gouverneur Ê Mascarène tirait la plus grande partie de ses approvi- :
sionnements pou. la garnison de Port-Royal. Ramezay
l'y suivit peu de jours après. Il était alors en pour-
parlers avec les commandants des deux vaisseaux
É Es
français de Chibouctou, pour les engager à venir lui
a MAL R
aider à faire le siège de Port-Royal. MM. de Repen-
taie
tigny, de Boishébert et Des Ligneris furent dépêchés des Mines pour hâter leur départ, La maladie et le
| manque de vivres rendirent cette coopération impos-
sible, MM. Du Vigneau et de Salliers ne songeaient
mena mime nn neesnmnemer——— POSER er patents éme
plus qu’à faire voile pour la France, Ils forcèrent même M. de Ramezay, malgré ses protestations, à recevoir tous leurs prisonniers, au nombre de cent cinquante, qu'ils ne pouvaient plus nourrir.
IT
Le mois d'août touchait à sa fin, et la flotte du due d'Anville n’avait pas encore été signalée, On était aux :onjectures pour expliquer la cause de ce retard, quand le bruit se répandit d’une attaque imminente sur Québec. Une escadre considérable était déjà arrivée, disait-on, dans le port de Louisbourg ; une autre partait de Boston pour la rejoindre, Le vingt d'août, M, de Rameza y reçut une dépêche du marquis de Beauharnois lui enjoignant de remonter à Québec avec la plus grande partie de son détachement, Celui-ci fit partir immédiatement les sauvages abénaquis de M. de Saint-Pierre par la rivière Saint-Jean, et un corps de Canadiens par Beaubassin et la baie Verte. M. de Villiers eut ordre de rester aux Mines avec deux cent cinquante hommes et cinq officiers,
La masse du peuple acadien, tout en restant française de cœur comme Catholique de religion, voyait avec une extrême appréhension le passage réitéré de troupes canadiennes dans le pays. Les relations que ces habitants se voyaient forcés d’avoir avec elles, l'abri et la subsis-
PE RTE PANNE SE ALGER SN PAM MENT in
tance qu’il fallait leur fournir, irritaient les Anglais qui
les accusaient de trahison. Ce qu'avait prédit l’abbé De Miniac, curé de la Rivière-aux-Canards, dans la lettre que nous avons citée, s’accomplissait : ils allaient être irrémédiablement compromis. Et qui pouvait dire jusqu'où iraient les vengeances de leurs maîtres? Les malheureux Acadiens se voyaient pris entre deux feux, sans savoir comment les éviter. D'un côté, les Anglais les menacaient en leur rappelant leur promesse de fidélité; de l’autre, les Français, en leur représentant leur origine, leur religion et tant de liens qui les rattachaient EUX,
Le traité d'Utrecht avait livré l’'Acadie à la Grande- Bretagne, en laissant aux habitants la liberté d’abandonner leurs terres pour aller s'établir là où ils voudraient sur le territoire français. On a ignoré longtemps, mais on sait parfaitement aujourd'hui par quelle suite de supercheries ils furent retenus en Acadie malgré leur volonté et leurs représentations. On sait aussi comment, après de longues hésitations, ils furent amenés à prêter serment d’allégeance à l'Angleterre, après qu’on leur eût formellement promis qu’ils ne seraient jamais appelés à porter les armes contre leurs compatriotes, les Francais, ni contre les sauvages. De là, le nom de Neutres par lequel ils furent désignés depuis lors. On sait encore comment les gouverneurs anglais eurent le soin de ne
pas livrer d'acte authentique de cette promesse, afin de
ne tennis cet à mu he cons mn,
pouvoir plus tard la renier au besoin, Déjà, à l’époque où nous sommes, on commençait à se prévaloir de cette perfide omi. on, et l’on disait tout haut que les Acadiens allaient être forcés à prendre les armes 1.
Dès l’origine de la guerre, l’Acadie avait été le point sur lequel s'étaient concentrées l'attention et les forces des deux parties belligérantes ; car elle était regardée comme la clef de la frontière de ce côté. De là, l’acharnement avec lequel de part et d'autre on se disputait comme une proie le malheureux peuple de VAcadie,
En 1745, le Souverneur du Canada et l'intendant Hocquart écrivaient au ministre des colonies qu'ils se croyaient sûrs de sa Coopération, du moment qu'on lui enverrait des troupes suffisantes pour le protéger "104 contre le ressentiment des Anglais? D'un autre côté,
Shirley qui avait alors la haute direction des affaires dans les colonies anglaises, écrivait absolument dans le
même sens au due de Newcastle, et il tenait ses infor-
1— Journal de M. de Beaujeu, page 30. «M. de Ramezay nous marque qu’il apprenait par Port-Royal que le sieur Mas- Carène avait demandé à Boston quatre bâtiments, avec du monde pour forcer les Acadiens à prendre les armes pour les Anglais”. Journal de ce Qui s’est passé d'intéressant dans la colonie à l'occasion des Mouvements de guerre depuis Le ler décembre, 1745,
2— New-York Col. Documents, vol. X. Lettre du marquis de Beauharnois et de l’intendant Hocquart au comte de Maure- Pas, 12 septembre, 1745,
Bitte dt dns isstasenens oo F
À App amy RE RRQ RE CR bi à à
ns
ë f ; k [il
SRE
150 UNE SEUONDE ACADIE
mations des autorités de Port-Royal! Les uns et les autres se trompaient, A trois reprises différentes les troupes du Canada avaient envahi l’Acadie, sous Duvivier, Marin et Ramezay, et chaque fois la masse des Acadiens avait gardé la neutralité.
Les écrivains protestants ont répété sur tous les tons que les Acadiens étaient absolument illettrés, qu’à peine y en avait-il quelques-uns qui pussent lire ou écrire, et ils assignent à leur ignorance les fausses démarches qui ont attiré sur eux les derniers malheurs. Mais quand on examine attentivement leurs actes, on se demande si des homines instruits auraient pu se tirer d'affaire avec plus de prudence et d’habileté.
Ceux qui leur sont le plus hostiles ne nient pas qu’il y ait eu des restrictions dans le serment d’allégeance prêté par les Acadiens. Le voulussent-ils, ils n’en seraient pas capables. Le nom de Neutres donné à ces Français, même dans des pièces officielles de provenance anglaise, est une preuve irrécusable de ces restrictions. Francs et loyaux, les Acadiens se sont engagés de bonne foi envers des gouvernants qui n’en avaient point, Est-ce leur faute si ceux-ci ont été malhonnêtes ? Ils avaient la force en main et ils les tenaient prisonniers. Les
Acadiens n’eurent plus à la fin qu’à choisir entre l'exil
1— Lettre de Shirley au duc de Newcastle, 29 octobre, 1745.
et la honte, entre l'abandon de leurs biens et celui de leur honneur, Ces ignorants ont eu plus de vraie science que leurs bourreaux qui ont manqué à Ja foi jurée, tandis que ceux-là l'ont gardée,
A l’arrivée de la dépêche qui rappelait M, de Ramezay à Québec, les Acadiens avaient espéré que les troupes canadiennes évacueraient la péninsule ; mais ils furent consternés en apprenant que M. de Villiers restait aux Mines avec deux cent cinquante hommes qui devaient Y passer l’hiver, Ils envoyèrent à M. de Ramezay une députation de leurs différentes paroisses, pour le supplier de les délivrer de ce compromettant voisinage, Ce petit détachement, disaient-ils, ne déciderait de rien et ne ferait qu’exciter davantage la fureur des Anglais contre eux, En outre, après les réquisitions qu’ils avaient eues à subir, leurs granges et leurs étables étaient presque vides, et ils seraient forcés de tuer les animaux de labour pour l'entretien de cette troupe,
M. de Ramezay leur répondit qu’il ne pouvait rien changer aux ordres du gouverneur, mais qu'il leur Mmontrerait sa bonne volonté en faisant partir un canot de Beaubassin Pour transmettre leur requête à Québec, Son départ de la baie Verte fut retardé par les difficultés de transport et le manque de vivres. Il fallut réquisi-
tionner les habitants déjà mécontents des levées de provisions faites chez eux, et dont la plus grande partie n'avait été payée qu’en certificats ou billets promissoires sur lesquels ils craignaient de perdre, Au moment de mettre à la voile, une nouvelle levée de vivres fut jugée absolument nécessaire pour faire le voyage.
“ Nous fûmes détachés, M. Le Mercier et moi, pour cette belle commission, écrit M. de Beaujeu. Après avoir couru la campagne et essuyé toutes les disgrâces et mauvais traitements, non pas comme un quémandeur mais comme un voleur, surtout de la part des femmes à qui je prenais les bœufs, je parvins à en ramasser vingt-six et dix moutons ”,
Au sortir de la baie Verte, une chaloupe portant pavillon français, accosta le vaisseau de M, de Ramezay. Elle apportait une dépêche venant de Chibouctou et signée par le commandant de La Renommée qui annonçait la prochaine arrivée de la flotte du duc d’Anville, Il fut immédiatement décidé que les prisonniers seuls, avec les malades, seraient conduits à Québec et que le détachement reprendrait la route des Mines. 11 y était À peine arrivé, qu’on apprit coup sur coup la mort du duc d’Anville, le suicide de d’Estournelle et l’affreux état de la flotte,
M. de Ramezay recut néanmoins ordre du nouveau
commandant, le marquis de la Jonquière, de marcher
sur Port-Royal, où il le rejoindrait bientôt pour assiéger
cette place par terre et par mer, A la mi-octobre, le détachement canadien était retranché à Belair, où Nicolas Gautier reçut les officiers à bras ouverts, Il leur offrit l'hospitalité dans sa propre maison, dont en son absence il avait sans doute confié la garde à quelque parent où ami moins compromis que lui. ‘“ Nous arrivâmes à deux heures après minuit, d’un temps des plus obscurs, raconte M. de Beaujeu, M. Gautier nous recut on ne peut plus gracieusement et soulagea parfaitement notre monde en donnant à chacun un coup d’eau-devie pour les réchauffer 1,
Divers partis restés en arrière, soit aux Mines, soit à Beaubassin, et cent cinquante hommes expédiés à Chibouetou, avaient réduit la troupe de M, de Famezay à deux cent cinquante, y compris les officiers. Grande fut sa surprise, quand il vit sortir de Port-Royal un corps d'armée de près de huit cents hommes qui semblaient vouloir l’attaquer, Il reconnut sa témérité et craignit d’être cerné, assiégé et peut-être pris dans son camp. Heureusement que cette sortie n’était qu’une démonstration pour l’attirer sous les canons du fort. La garnison, y compris les équipages de deux navires de guerre ancrés dans la rade, et dont l’un, Le Chester, était un vaisseau
de cinquante canons, s'élevait à plus de mille hommes ;
1 — Journal etc, page 40.
mais elle se composait de milices coloniales beaucoup moins aguerries que celles du Canada, et par suite très circonspectes dans leurs mouvements. Ramezay le savait et résolut de faire bonne contenance jusqu’à l'arrivée de la Jonquière. Sa petite troupe se montrait partout, tantôt d’un côté de la rivière, tantôt de l’autre, escarmouchant contre les avant-postes, avec une vigueur qui fit croire qu’elle était de mille hommes, Cependant elle était souvent sans pain, mal vêtue, mal chaussée, exposée tout le jour et une partie des nuits, au froid et aux pluies fréquentes de l’automne, La maladie éclaircissait chaque jour ses rangs, et l’on était obligé d'abandonner les malades au soin des habitants, Ceuxci, placés dans le voisinage immédiat des Anglais, craignaient beaucoup plus de se compromettre que ceux des autres paroisses. Ils se tenaient à l’écart et se refusaient à tout, à moins que M. de Ramezay ne leur livrât des écrits certifiant qu’il les forçait sous peine de mort à lui fournir ce dont il avait besoin. Ces habitants pensaient se justifier par là auprès des autorités de Port-Royal, Le petit nombre de ceux qui avaient embrassé la cause des Français venait presque exclusivement des paroisses éloignées.
Dans les derniers jours d'octobre, Nicolas Gautier s'était rendu à l'entrée de la baie de Port-Royal, où il
avait instruction de se tenir pour servir de pilote à
l'escadre qu’on savait partie de Chibouctou !, Un de ces ouragans d'automne, si redoutables en ces contrées, qui sévit les jours suivants, tint le camp dans des alarmes qui ne devaient être que trop justifiées, En effet, le trois novembre, arriva une dépêche expédiée en mr par le marquis de la Jonquière qui apprenait les avaries que lui avait causées cette tempête, la dispersion de sa flotte et la nécessité où il s'était vu de retourner en France, Les partisans acadiens, qui, en prenant part à cette guerre, avaient risqué tout leur avenir, et qui tourmentés d'inquiétude, épiaient tous les mouvements des officiers, devinèrent la désastreuse nouvelle à la consternation peinte sur les figures. Leur désespoir ne connut point de bornes, ils se répandirent en reproches amers, disant que la France les trahissait après les avoir abandonnés, et qu’ils étaient perdus sans ressource, Les infortunés ne voyaient que trop l'avenir qui les attendait,
M. de Rumezay ordonna sur l'heure la levée du camp et alla prendre ses quartiers d'hiver à Beaubassin.
Cette retraite précipitée assurait le gouverneur Mascarène du départ définitif de la flotte française pour l'Europe. Il n'avait donc plus à craindre pour Port-
Royal, mais 1l n’était pas sans inquiétude sur l'attitude
1— Mémbire de Nicolas Gautier au comte de Maurepas.
ultérieure que prendraient les Acadiens, Travaillés par les Canadiens qu'il savait se fortifier sur l’isthme de Chignectou pour y passer l'hiver, aigris contre les Anglais qui n'avaient cessé de leur faire des menaces, blessés des durs châtiments que lui-même avait infligés à plusieurs d’entre eux, n’allaient-ils pas rompre enfin leur neutralité et se mettre en révolte? Cela était d'autant plus à craindre qu’ils avaient eu vent des propositions déjà faites pour obtenir de l'Angleterre leur expulsion de l’Acadie, Mascarène sentit done la nécessité de les tranquilliser en leur donnant des assurances de son amitié. Il chargea plusieurs Acadiens de Port- Royal de lettres pour les habitants des Mines, dans lesquelles il leur disait de n'avoir aucune crainte et de revenir en toute confiance à Port-Royal, pour y traiter de leurs affaires comme par le passé. Pour mieux dissiper toute appréhension, il accompagnait ses lettres du témoignage de l'abbé Desenclaves, euré de Port- Royal. Mascarène les prévenait en même temps de l'envoi d’une ‘partie de sa garnison qui allait passer l'hiver aux Mines; mais que cela ne devait point les alarmer, qu’il n'avait d'autre intention que de les protéger contre les Canadiens.
Neuf ans plus tard, le colonel Winslow devait faire absolument la même protestation en établissant ses troupes à la Grand-Prée, On sait s’il tint parole,
panne
Les avances de Mascarène produisirent leur effet, Peu après, les Acadiens envoyèrent des députés à Port.
Royal “ qui furent reçus au mieux du gouverneur,
lequel ne leur demanda pour toutes ses politesses et
bonne réception que la fidélité 1”.
Pour bien comprendre les événements qui vont suivre, il est nécessaire d’avoir présente À l'esprit la position géographique des paroisses acadiennes. La baie de Fundy, en s'enfoncant vers le nord-est, se divise en deux bras, dont celui de l’ouest a pour nom la baie de Chignectou, Le prolongement de ce bras de mer vis-àvis la baie Verte, forme le col de la péninsule qui, en cet endroit, n’a guère plus de quatre lieues de largeur. C'est dans ce poste avantageux, faisant partie de la paroisse de Beaubassin, que Ramezay s'était mis en observation. Te second bras de la baie de Fundy s'élargit au sud pour former le bassin des Mines, et s’allonge ensuite vers l’est pour recevoir la rivière de Cobequid, où était située la paroisse acadienne du même nom, Les trois paroisses de Pigiquit, de la Grand-Prée et
de la Rivière-au x-Canards s’étendaient autour du bassin
1— Journal de M. de Beaujeu, page 57.
des Mines. Le village de la Grand-Prée, le plus important de tous, se composait d’une rangée de maisors de rustique apparence, à un seul étage et toiture raide, avec dépendances couvertes en chaume, bâties sur le versant d’un coteau, au pied duquel s’étendait la grande prairie endiguée qui avait donné son nom à ia paroisse. Ces maisons, assez éloignées les unes des autres, s’échelonnaient le long du chemin public, sur un espace d’une demi-lieue. Vers la mi-décembre, une vingtaine d’entre elles avaient été désertées par leurs propriétaires qui s'étaient retirés en d’autres parties du village, et les avaient cédées à uue troupe d'environ cinq cents miliciens de la Nouvelle-Angleterre venus les jours précédents, sous la conduite du colonel Arthur Noble, officier brave mais sans expérience, comme la suite le fit voir. C'était le détachement annoncé par Mascarène, Arrivé de Boston au cours du mois de novembre, :l n'avait fait que passer à Port-Royal, d’cù il était reparti par eau ; mais contrarié par les mauvais temps et par les violentes marées de la baie de Fundy, il avait été forcé de descendre à terre et de faire la plus grande partie du chemin à travers les montagnes et les bois, Les navires sur lesquels il était parti, avaient atteint le bassin des Mines, où ils avaient été mis en sûreté le long de la digue avec leurs chargements de vivres et de munitions, cinq petites pièces d'artillerie, une grande quan-
tité de raquettes pour les marches 42 l'hiver et le bois