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panier et réussirent ensuite, après avoir conru plus d'un danger, à faire la traversée !,
Un recensement de l’île Saint-Jean fait en 1748, avait constaté que le chiffre de la population s'élevait à 128 chefs de famille formant un total de 735 âmes, au nombre desquelles étaient compris 21 habitants aus de l’Acadie, faisant 82 personnes, C'était le grou amené par M. Benoist, M, Desherbiers, gouverneur de l'île Royale, ajoutait au : inistre, M, de Rouillé, en communiquant ces 1enseignements, le 5 novembre, 1744
“ TI] est venu bien des Acadiens s'établir cette anne
1— J'ai sous les yeux les notes que M. Rameau a recueillies de la bouche du vieux Benjamin Boudrot, du village de La Puye (Vienne). Son père parait avoir eu environ dix-huit ans lorsqu'il s'échappa de l’Acadie avec ses parents, Ils par taient du bassin des Mines et probablement de la paroisse de Pigiquit. Benjamin Boudrot .norait si son père avait été amené en Angleterre ou direëtement en France, lors de la déportation des habitants de l'ile Saint-Jean, en 1758. Le rom de Pierre Boudrot se trouve inscrit dans l'Etat de 1772 parmi les Acadiens réfugiés à Saint-Malo (Archives des Cotonies). Il parait évident d'après l’âge de ses enfants que crre Boudrot se maria après son arrivée en France. Sa femme était Acadienne comme lui. Il jaignit le groupe d’Acadiens que le marquis de Peyrusse d'Escars engagea à venir se fixer sur le domaine qu'il possédait dans le Poitou entre Chatellerault et Montmorillon. Malheureusement ces terres étaient loin d'être aussi fertiles que celles qu'ils avaient quittées à l'Acadie, La plupart les abandonnèrent pour aller s'établir ailleurs,
“ Mon père, ajoutait Benjamin Boudrot, a élevé sept enfants: mon frère Isaac, qui était l’ainé, quatre filles et deux
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dans cette isle; aussi M. de Bonnaventure croit qu'il actuellement près de 900 personnes ”,
Chiffre aurait certainement été plus considérable sans les déperditions occasionnées par les ravages de 1745, dént on ne peut préciser l'étendue, et qui avaient forcé un certain nombre d'habitants à aller chercher refuge ailleurs,
Quatre ans s'étaient à peine écoulés depuis cet événe. nent quand une nou: !Je épreuve vint fondre sur les malheureux colons : car il faut dire’ qu’à cette époque tout ce qui portait le nom d'Acadiens semblait poursuivi par une espèce de fatalité Où qu'ils se réfugiassent,
autres fils, moi et mon frère Paul qui sommes nés après son arrivée dans le Poitou. Il regrettait beaucoup son pays, dont il nous parlait très souvent "
“ Mon frère Isaac a voulu absolument nous quitter, quand tous les autres sont partis, mais comme une de mes sœurs avait épousé le cocher de M. de Peyrusse, nommé Gervais, et que M. de Peyrusse nous aimait beaucoup, ce dernier parla si bien à mon père et à mx mère, qu’il nous détermina à rester en France, et c'est en effet Far l'appui de ce Gervais, mon beau-frère, que j'ai pu acquérir la petite ferme de Courtér4e, où je jouis d’une modeste aisance. J'ai épousé une Acadienne, nommée Marie Daigle, et j'ai deux garçons, mariés tous les deux, dont l’un demeure avec moi dans cette ferme q1e nous Cultivons. Généralement les Acadiens ne se plaisaient pas dans ce pays-ci ; ils se plaignaient de la mauvaise qualité des terres et des privations au milieu desquelles ils vivaient, et Passaient leur temps à parler de l’Acadie et à regretter les beaux biens qu'ils y avaient possédés ”.
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le malheur s'attachaic à leurs pas. Il n’y a de plus constant que leur inébranlable attachement à Dieu et À leur possé,
La récolte de l’année 1749 donnait les plus belles espérances, lorsque tout à coup des nuées de sauterelles s'abattirent sur les champs et en ravagèrent la plus grande partie,
‘“ Nous venons de recevoir dans l'instant, écrivait de Québec l’intendant Bigot au ministre (11 octobre, 1749), des lettres de M. de Bonnaventure, commandant à l’tle Saint-Jean, par la goélette qu'on y avait envoyée à la fin d'août porter des vivres et quelques effets pour les habitants qui n’en avaient plus,
“ Il nous marque que les sauterelies ont entièrement ravagé la récolte, qu'il n’y a point de blé dans l’isle pour faire la semence procha‘ne ni assez de farine pour fournir à la subsistance des habitants et de ceux qui s’y sont réfugiés de l’Acadie 1”,
Le sieur Roma, établi, comme on l’a vu, aux Trois- Rivières avant 1745, avait été l’un des principaux personnages de l’île Saint-Jean. C'était un homme intel-
1— Voir à l’Appendice, N° IV.
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ligent, mais utopis‘e, et d’un esprit caustique et dénigreur, qui le rendait difficile à vivre, Après la de
struction de ses propriétés, il était allé
chercher fortune aux Antilles, mais avec un espoir de retour et n'y
avait pas oublié ses projets fantastiques.
De la Martinique, où il se trouvait il écrivit au ministre de la marine tion pour l’tle Saint-J ean, dont le s fait de l'île nr eldorado.
sages qui renferment quel Justes :
“L'Isle Royale et l'Isle Saint toujours été à tous égards dans un le cœur des Français.
le 11 mars, 1750, un plan de colcnisauccès selon lui aurait
En voici deux ou trois pasques renseignements et idées
-Jean ont presque état à faire saigner
“ Le comment en est à Dieu, et ce Comment avec
l’histoire des traverses que j'ai essuyées, renferme des avis importants,
“ Mais au défaut les faits parlent. L'Isle Saint..J ean, pays heureux et possession d'une grande Conséquence, n’a pas en tout depuis trente-cin
q ans qu’elle à commencé d'être habitée, cent hommes en état de porter les armes,
“ L'offre d’un terrain en bois debout à l’Isle Saint-
Jean ne peut attirer ou Maintenir personne, sept bouches que mes derniers avis portaient êtr de l’Acadie, l’on ne pouvait faire huit à dix hommes,
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e passées cas de l'acquisition de
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“ Si leurs bestiaux pouvaient passer à l'Isle Saint- Jean, cela irait un peu mieux. Les moyens en question ne favorisent en rien ce passage et laisseront les corsaires anglais entièrement les maîtres de l'empêcher, au lieu que le plan (que je propose) donne à la fois un grand désir aux Acadiens de passer et les bâtiments de transport et la sûreté de ce transport.
“ L'Isle Saint-Jean peut tout sans l'Isle Royale, et celle-ci rien sans l’autre. Elle peut tout pour favoriser les desseins des Anglais, s'ils viennent à s’en emparer, ét elle peut tout pour renverser ces desseins, si ncus en voulons tirer parti. Le présent plan contient toutes sortes de preuves de ces propositions.
“ L'île est totalement incapable de résister aux forces avec lesquelles les Anglais peuvent l’attuquer, quand même, au lieu de six compagnies, il y en aurait vingt, si elle n’a pas d'œuvres défensives.
“ Le fort du port Lajoie, destiné par les moyens en question à en faire la défense, en causera la perte et y maintiendra les Anglais maîtres de l'Isle,
. Il vaudrait mieux qu’il n’y eût point de fort, si on laisse d’ailleurs les choses dans l’état que les moyens
communs proposent, PLAN POUR L’ISLE SAINT-JEAN
“ On demande six mille hommes qui ayent servi et
vu le feu, en état et dans la volonté de travailler pour
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PAS AN SAT faire leur fortune, Proposition qui est du goût de tous ceux qui ont de la santé et des bras pour tout bien.
“ On répand & te troupe sur quarante-six cantons de l'Isle, sur le bord des côtes de façon qu’en jetant le fondement de l'habitation de l'Isle entière, tous les habitants pourront se communiquer, se secourir mutuel. lement, s’assembler en moins de vingt-quatre heures au point que l’on voudra, cymmercer facilement et sans frais, entre eux, partager au commerce du dehors, vendre leurs denrées, et envoyer à la pêche.
“On fait tiavailler ces troupes pour leur compte par une association de cinq ans, à des travaux si utiles, avec tant d’ordre, d'intelligence, d'économie de temps, de ménagement de leurs jours, qu’il en résulte pour une peine très supportable, des fonds créés d’un produit immense.
‘On achève de garrotter ces troupes par l'attrait du plaisir qui exclut la débauche, et on rend le séjour de l’Isie si charmant pour elles, qu’il est naturel de penser qu'elles se sacrifieront volontiers, pour conserver un bien si doux et pour éloigner tout danger de le perdre,
“ L'on fait de ces plaisirs un spectacle varié et frappant, capable d'attirer la curiosité et le suffrage de tout le monde, et tout propre à porter les Acadiens et les Acadiennes à vouloir jouir d’un séjour si utile et si agréable, d’où l'on se promet un bon nombre de mariages avec nos miliciens,
“ Par l'envoi de ce corps, le Roy a sur-le-champ de quoi faire face à l'ennemi, de quoi le réprimer s’il manque, de quoi rabattre sa fierté,
“ Les milices, allant toujours en se multipliant et
offrant sans cesse un asile assuré, agréable et lucratif
aux Acadiens pauvres et riches, il n’est pas douteux que ceux-ei ne prennent sujet de mépriser le joug des Anglais, et que le gouvernement ne renonce par la même cause à exiger quoi que ce soit des Acadiens qui puisse leur être fâcheux; de là leurs mesures et leurs projets se réduiront à peupler Chibouctou (Halifax).
“ En ce cas, l’Acadie restera un pays ouvert, dont il sera aisé de faire soulever les peuples contre l’Angleterre, à la première rupture avec cette couronne.
“ En attendant, la puissance du Roy à l'Isle Saint- Jean ira toujours en augmentant, et devenant conséquemment de plus en plus redoutable à l'Angleterre, cette couronne trouvera en cela de fortes raisons de ménager l’amitié de la France ”.
On imagine facilement avec quel haussement d’épaules un ministre de Louis XV, tel que M. de Rouillé, dut accueillir l’élucubration de maître Roma. Il ne reparatt plus qu’une fois dans la suite ‘des correspondances des gouverneurs français, et cela pour solliciter un poste
officiel dans l’île Kaint-Jean, pour lequel les comman-