A) DE RE
repassé en France sur la flotte du duc d'Anville, Fait prisonnier au combat naval livré par le marquis de la Jonquière à la flotte anglaise, il avait été couduit en Angleterre, d'où il étaitrevenu à Paris après une courte captivité. Ses supérieurs lui avaient offert divers postes où il aurait pu vivre en paix après ses longues années d'apostolat, mais il préféra revenir à ses âpres travaux des bois parmi les tribus miemaques qu’il aimait et dont il était aimé, De retour en Acadie, au cours de l'été 1748, il avait été chargé par l’évêque de Québec de la paroisse de Beaubassin, restée sans prêtre depuis le départ du P. Germain pour les missions de la rivière Saint-Jean,
Le dévoûment à son pays dont l'abbé Le Loutre avait donné des preuves durant la dernière guerre, avait attiré sur lui l'attention du gouvernement de Québec et de la cour de Versailles, qui lui avaient confié le soin d'activer l’émigration des Acadiens de la Nouvelle- Ecosse et de les établir sur la partie française de l’isthmne, ou de les diriger sur l’tle Saint-Jean, Il était autorisé à offri aux émigrants des dédommagements pour les pertes qu’ils auraient à subir, et trois années de subsistance sur leurs nouveaux établissements.
Dès son arrivée, il s'était mis en rapport avec les divers centres acadiens de la péninsule, leur avait fait connaître les instructions dont il était muni et les facilités que leur offrait la France pour se soustraire à la.
domination anglaise. Malheureusement l’heure n’était point propice. La paix venait d’être conclue; la proclamation royale, garantissantaux Acadiens la continuation de tous leurs anciens privilèges, avait été publiée l’automne précédent, Tout semblait présager un avenir plus calme et plus tranquille, Il était difficile pour des âmes honnêtes de ne pas se faire illusion, d’autant plus qu’elle s'accordait avec leurs intérêts et qu'ils voyaient au bout la conservation de leurs biens, de leurs foyers, de tant d’autres objets qui les attachaient au lieu natal. L'abbé Le Loutre qui connaissait à fond toute la série de mensonges et de tromperies dont ils avaient été ar” avant les victimes, eut beau chercher à leur ouvrir les yeux, il ne fit qu’une faible impression sur les esprits. Un petit nombre seulement se montra clairvoyant, se laissa persuader et commença à émigrer.
Les événements se chargèrent de donner raison à l’abbé Le Loutre plus vite qu’il ne le pensait lui-même, Trois mois ne s'étaient pas écoulés depuis la fondation d’'Haïifax, que le gouverneur Cornwallis leva le masque que ses prédécesseurs n'avaient pas osé abattre et renia ouvertement les promesses faites par ordre et au nom du roi d'Angleterre, moins de deux ans auparavant, J’ai rapporté ailleurs les ordres péremptoires que Cornwallis signifia aux Acadiens de prêter un serment d’allégeance absolu et sans réserve. ai dit l’indignation et la panique qui coururent dans toute la population
RTE EC
NEA EEE
AVS ÉTA
È Ë FA ee