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acadienne en apprenant ce parjure de la foi jurée, la résolution qu’elle prit unanimement d'évacuer la province et la demande officielle qu'elle en fit au gouverneur, les perplexités et les hésitations de celui-ci en voyant cette détermination, l’aveu solennel qu'il fit aux habitants du droit incontestable qu'ils avaient de se retirer, la liberté qu’il leur en donna d’une main et qu'il leur retira de l’autre 1,
On était en automne ; l'ébranlement était général dans toutes les paroisses et grandissait de jour en jour, Îl était clair qu'une émigration formidable se préparait pour l° printemps suivant, Cornwallis, effrayé de cette désertic ; s’apprêta à retenir de force ces mêmes Acadiens qu'il venait de déclarer libres de partir, C'était la répétition de *e qu'avait fait Nicholson en 1714: mêmes protestations de bon vouloir, mêmes ruses, mêmes
entraves, La construction de deux forts £ut décidée afin
de barrer le chemin aux fugitifs, le fort Edouard à
Pigiquit, au cœur de l’Acadie, et le fort Lawrence sur l'isthme, en face de Beauséjour, Ces deux forts, avec celui d'Annapolis, formeraienttune chatne que les Acadiens pourraient difficilement franchir2 Au mois
1— Voir Un Pèlerinage, ete. chapitre troisième,
2— D'après un Mémoire;de l'abbé de L'Isle-Dieu qui tenait ses informations directement des missionnaires de l’Acadie, il y aurait eu un autre fort construit vers la même époque à
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d'avril, 1750, une flottille portant quatre cents hommes avec les approvisionnements et le matériel nécessaires à la construction et à la défense d’un fort, remonta la baiïe de Chignectou et vint jeter l’ancre en face de Beau-
sin. Elle était commandée par le major Lawrence, le même qui, cinq ans plus tard, devait ordonner de son propre chef l’expulsion en masse des Acadiens.
Le chevalier de La Corne, prévenu de son arrivée, avait fait ses préparatifs pour lui disputer la descente et, dans le cas où il serait repoussé, pour lui enlever toute espèce d’abri dans le voisinage. (Cette mesure était habile, comme la suite le fit voir ; car, à cette saison de l’année où la température était encore très froide, Lawrence qui ne s'attendait pas à ce mouvement hardi, ne pourrait pas t :nir longtemps la campagne en plein air.
L'église et le village de Beaubassin qui s’élevaient à environ un mille à l’est de la rivière Missagouetche,
la Grand-Prée. — Règlement des limites, Acadie. Mémoire à M. de Rouillé, ministre de la marine, 1753.
Ce qu’il y a de certain, c’est qu'il y avait une caserne, nommée le Vieux Logis, qui servait d'abri aux troupes entretenues dans l'endroit. Cet édifice, assez bien défendu pour que les Anglais lui donnassent le nom de Fort, avait dû être construit à l'époque où ils avaient repris possession de la Grand-Prée, après le combat des Mines (1747).— Nova Scotia Archives, p. 197.