‹ Une seconde Acadie [microforme]Chapitre 42 sur 81 · MM SUR RE · texte numérisé non relu

MM SUR RE

furent évacués et incendiés à la vue des Anglais 1, Lawrence, déconcerté, se fit précéder au rivage d’un pavillon parlementaire, eut une courte entrevue avec le commandant, et se rembarqua ensuite sans avoir rien entrepris. J’auteur anonyme des Mémoires sur le Canada, ennemi acharné de l’abbé Le Loutre, comme, au reste, de tout ce qui tenait à la religion, a fait retomber sur ce missionnaire la responsabilité de l’incendie de Beaubassin, et prétend même qu’il mit de ses propres mains le feu à l’église. On sait aujourd’hui ce qu'il faut penser des accusations de ce pamphlétaire 2,

Quelques auteurs anglais ont voulu assimiler l’abandon de Beaubassin, ordonné par les Français, à l'expulsion générale des Acadiens en 1755. La plus simple réflexion suffit pour démontrer qu’il y a un monde de différence entre les deux actes, D'abord, les réfugiés de Beaubassin ne furent pas jetés en exil, mais reçus chez des compatriotes prêts à sympathiser avec eux et à soulager leur désastre ; ensuite les commandants français avaient ordre de la cour de France de les dédommager

14 Les habitants informés que les Anglais étaient dans le: dessein de prendre possession de Beaubassin, l'évacuèrent de: tous leurs effets et bestiaux, et les sauvages, en mai de cette année (1750), y mirent le feu, de manière que toutes les maisons furent brûlées, et que l'établissement des Anglais y est tout à neuf ”.— Journal de Franquet, 1751.

2 Voir Un Pèlerinage au Pays d'Evangéline. Appendice.

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de leurs pertes, de leur donner de nouvelles terres et de les y entretenir pendant trois ans. Quel parallèle peut-il y avoir entre cette situation et celle des déportés de 1755 ?

Au cours de l'été de 1750, l’émigration des Acadiens prit des proportions si alarmantes, que Cornwallis fit rembarquer Lawrence avec ordre de se fortifier à tout prix sur listhme. Dix-sept voiles, portant environ sept cents hommes de troupes, vinrent mouiller au mois de septembre au fond de la baie de Chignectou. M. de La Corne ne crut devoir opposer à leur descente qu’un parti de sauvages et d’Acadiens qui soutinrent pendant quelque temps un feu assez vif derrière les endiguements de la rivière Missagouetche, Après les avoir refoulés vers les bois, Lawrence s'établit dans le cimetière, entouré d’un mur en pierre, qui lui servit de camp retranché. Le fort fut commencé tout auprès sur une légère élévation de terrain, et mis en bon état avant l'hiver.

La Corne poursuivit la tactique qui lui avait réussi au printemps, et fit un désert autour du fort Lawrence en brûlant tout ce qui restait d'établissements dans les environs, Le nombre total des maisons détruites dans les deux incendies fut de cent quarante ou cent

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