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habitants contre les craintes qu'ils avaient eues jusquelà d’une invasion de leurs implacables ennemis les Anglais. Regardant désormais l'avenir avec plus de confiance, ils crurent retrouver dans cette île leur Acadie perdue, et espérèrent transmettre À leurs enfants des héritages moins précaires que ceux qu'ils regrettaient, Hélas ! ils ne prévoyaient pas qu'avant sept ans, ils verraient de nouveau leurs habitations rasées jusqu'au sol, et eux-mêmes chassés de leurs terres, déportés avec leurs familles, et Jetés aux quatre vents du ciel.
De retour au port Lajoie, Franquet acheva les plans de défense qu'il y avait commencés, en fixant l'endroit d'une redoute à construire sur la pointe à la Framboise située un peu plus bas, sur la rive opposée, Il s'y embarqua pour traverser sur la terre ferme, où il voulait inspecter les travaux de défense de Beauséjour et de Gaspareau, Le 22 d'août, il en repartit pour continuer son inspection de l'ile Saint-Jean, et mit pied à terre le lendemain au pert des Trois-Rivières. Le meilleur emplacement qu'il trouva pour établir une redoute fut celui occupé naguère par l'établissement du sieur Roma, Dans cette belle rade des Trois- tivières, il ne restait plus une seule habitation, et la forêt commen çait à envahir la clairière que les premiers colons y avaient défrichée,
Franquet ne nomme aucun missionnaire en particulier
comme résidant dans l’fle à l'époque de son voyage,
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208 UNÉ SECONDE ACADIR
Il n’est pas douteux cependant qu’il y ait eu un aumônier au port Lajoie, comme on peut le constater par les registres, L'abbé de L'Isle-Dieu, dans un des Mémoires déjà cité, dit à tort que l'abbé Girard était le plus ancien missionnaire établi à Saint-Jean depuis la veprise de cette île; c’était le P, Lagrée venu à la suite du gou verneur Denis de Bonnaventure, en 1749, et qui résida dans l'île à peu près sans interruption jusqu'en 1752, L'abbé Girard y fut envoyé par l’évêque de Québec, peu après le départ de Franquet, à la suite de difficultés qu'il avait eues en Acadie et qui avaient occasionné son emprisonnement à Halifax, Il s'était fixé à la Pointe- Prime et y résida jusqu’à ce qu'il en fût enlevé lors de la déportation de ses paroissiens,
Franquet borna ses plans de défense aux trois points les plus vulnérables de l’île, le port Lajoie, d’un côté, et le havre Saint-Pierre, de l’autre, par où l'ennemi pouvait le plus facilement pénétrer dans les principaux centres colonisés; puis les Trois-Rivières, dont le port était le plus accessible, et le plus à la portée d’une descente, Il restait dans l'tle, on le sait, d’autres endroits habités que lingénieur n'eut pas le loisir de visiter, Il s’en fit donner un état exact, ainsi que de ceux qui étaient susceptibles de l'être, T'énumération qu'il en fait est accompagnée de quelques détails qui jettent du jour sur certains faits restés jusque-là dans l'ombre. A l’est
du port Lajoie, la Grande-Anse (Orwell Bay), est assez
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1 | peuplée, “etil y a chapelle faite aux dépens des habitants (}e : »
| “ qui ne Soupirent qu'après un curé ”, C’est cette chapelle, 28 À connue depuis sous le nom de la Pointe-Prime, que vint : | desservir peu de temps après l'abbé Girard, Du côté de 7 l'ouest, Bédèque (Summerside) est mentionné comme le ; “havre où sont rassemblés les SAUVAGES, SOUS promesse di que les habitants ne les avoisineront pas, et qu'eux ne 2 s'étendront pas plus loin ”, 1] n'y avait guère dans lle, à cette date, de moyens de communications que par eau, | 10 | ’ 5 7 î 7 Soil en Canots d'écorces, soit en bateaux ou en chaloupes, h Un seul grand chemin, d’ailleurs assez Mauvais, reliait } : la pointe à la Framboise avec les Trois-Rivières et le a huvre Saint-Pierre, d’où une route dé quatre lieucs, longeant la rivière du Nord-Est, venait aboutir à la és î maison dite de la veuve Gentil, . % di Ÿ La population totale de l'ile Saint-Jean, d'aprés le 4 1 dernier recensement fait par M, de Bonnaventure, s'éle. | At à L 4 vait à 1927 individus, pour la plupart Acadiens, possé- 9 $ F1 à dant plus de 4000 tôtes de bétail 1.
6, À 18 à es + RECENSEMENT Farr PAR M, DE BONNAVENTURE. it Rivière-du-Nord-Est 190 k it Havre Saint Pete. ua. AA LS LO UN PPT dd ; Les étangs de Saint-Pierre... 18 st 4 Havre-aux-Sauvages.. RTS PTS? )2 ir à Havre-de:Tracadie ,,,,,,,,.,,... ve 66 E Pointe-de-l'Est,...,.,.:.. PT AN F-10607 st 4 MEMPO nine ORNE TRES 161 2 à Ù à :
Total... PR 659
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Ce recensement, fourni par M. de Bonnaventure, n'aurait pas été très exact au dire de Franquet, Celui de 1748 donnait, en effet, une population de 653 anciens habitants,
Depuis 1748 la population s'était, par conséquent, accrue de 1274 individus !,
“Ces Acadiens, remarque Franquet, sont fort robustes et vigoureux, travaillant tous de la hache, et adonnés à la culture des terres, néanmoins un peu paresseux, ne s'embarrassant que des besoins indispensables
à la vie; ils peuplent beaucoup. L'on peut considérer