‹ Une Séparation, ou le Divorce dans la loge, vaudeville en 1 acteChapitre 5 sur 26 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

JUI.IE, COQUEREAU. Il rentre par la droite.

coquereau, à part, enchanté.

Satanée de petite laitière, va!. . . elle vient de m'allonger une taloche., .j' sais pas ce que Je lui faisais. . . mais qué taloche ! ... Je crois que r'est bon signe, et que... (Il apereoitsa femme.) üh! Julie, eane le voir, cherchant à gauche et appelant.

Dsyt! dsyt!... viens, mou mtncl?...

coquereau, d’un air aimable.

C'est moi que vous demandez , Madame Co-

qucrenu?. ••

UNE sliD

jolie , avec atgreur.

Suis-je dans l'usage de vous appeler mon minet, vilain malou?. . .

r.oQnEREAU, d’un air tendre.

Dam ! Julie, il fut un temps... (Elle lui lance un regard dédaigneux.) Voyons, Lille, voulezvous dtre bonne, une fols par hasard, et devenir la duuce poulette de votre petit coq?. .. (Il reut lui prendre la laille.)

jclie, le repoussant.

Allez donc ! . . vous voyez bien que Je cherche mon chat !

coque beau , gagnant la droite.

Ali! ( .'t part.) Tu ne risques rien ! (Fredonnant.)

C'est la Mère Michel qui a perdu . . .

JULIE, regardant sous les meubles.

Je vous conseille de chanter , sans ccrur ! . . coquereau, avec ironie.

Il se retrouvera c’to bêle! { Il lui fait la nique. ) Il se sera dit : le temps est beau... allons faire mon petit tour de gouttières.

julik , regardant partout.

Vous savez bien qu'il ne sortait jamais. .. Il avait pris ici toutes scs habitudes.

coquebeau , le doigt sous le nez.

Oui , je sais. . .

julie, revenant à lui, avec force.

Où est mon chat? Je veux mon chat... ( Frappant du pied.) Kondez-moi mon chat !...

coquereau , d’un air sombre et se croisant les bras.

Vous ne me l’avez pas donné à garder.

julie, frappée.

O Caïn !... J'ai peur de deviner... ce sourire atroce?...

coquebeau, d'un ton pénétrant.

Qui sali? votre angora sera peut-être allé rejoindre mon merle!

JULIE

Qu’entends-je !... il est étranglé I

coquebeau, surpris et furieux.

Etranglé?... nml qui ne l avais cru qu'envolé!... (Julie est allée s'asseoir dans le fauteuil à gauche.) Tu l'avoues donc , enlln , Lucrèce Borgia ! ( Il s'approche d’elle , d'un air mena— font.)

Ah ! ce meurtre comble la mesure de mes chagrins domestiques!.. (Se relevant avec agitation . Et vous croyez que ça se passera comme ça?.. (Coquereau e [frayé recule à droite, graduellement devant elle.)

Aib : Je routai» Aient ( Fra Diavolo. )

Non, non, je frai valoir me* droits;

Mon autorité vaut la vAtre !...

Cher Misügri» ... J'en vcui un aulre!...

J’en aurai ili-ui , j'cu aurai trois,

J'eu aurai sis ,

J'en aurai dis!

Dusse'-j' 1rs voler tous les dix t , ,.

Ils vous abim'ronl la ligure,

nation.

Vous n's'rez plus qu'une cgrttlignure . . .

Ils vouscmpéch’ronl de durmir!. . .

Vous travailliez pour les nourrir. ( bis. )

Enfin , vous, moi . mes angoras ,

Nous s’rons comm’ chiens et chats!.. (Aïs.)

( Elle fait mine de lui sauter à la figure , mais il lui saisit les deux mains.)

coquebeau, l’arrêtant, en attitude.

Alt ! oui da !.. ah ! oui ?. . (T son tour, elle recule à gauche graduellement devant lui. )

Même air.

J'aurai des s'ritts, des émouchets. . .

Moi , les oiseaus , o'est ma euqtt'loche;

Je vcui ni' procurer une autruche .

Lu coq, des poufs, tirs chardotin'rrts ,

Sans compter quatre perroquets.

Qui vous diront des quolibets! . . .

Tout ça viendra, dans vos oreilles ,

Pousser des clameurs sans pareilles ,

Tout ça vous inond'ra d’eoup d bec ,

Et force A vous de v ivre avec ! ( tris. )

Bref, nuit et jour, vous cl les miens,

Nous s'rons comm' chats et chiens. (At's..)

Tous deux agitant la tète, comme prêts à se mordre )

Comm’ chiens et chats ! t Comm' chats et chiens ! )

coQUBnEAU, criant.

Alt! ah!., nous verrons si un fabricant du chaussons se laissera mener A la lisière! (Il est essoufflé et s'évente avec son mouchoir. )

julie . accablée, tombe dans son fauteuil.

Alt! ben! non !.. En vTâ assez de dit... J'y renonce ! C'est l’eau et le feu !

coquereau, de loin, appuyant.

C'esl l'eau cl le vin !

Il y a Incomptablllté ! C'est Uni ! ( Elle se relire.) V’IA trop longtemps que ça dure. . . Divorçons ! Je veux divorcer. . . aujourd'hui, tout à-l'heure, à l'instant même!

coquebeau.

Divorcer?., votisn'êles pas dégoûtée!.. Depuis sept ans que. J’y pense! .. . il n'y a qu’une petite dinicnllé, c'est que le gouvernement n« le veut pas.

JULIE

Le gouvernement ?.. De quoi se méle-t-il?. • Mais enfin, Monsieur, on peut plaider on séparation.

COQUEBEAU.

Do corps et de biens. . . Quant à ça , rien d* si facile. ( Mouvement de joie de Julie.) Seulement il en coûte...

julie, hochant la télé.

Oui !.. je crois qu'il vous en coûtera de perdre une femme comme moi

coquebeau, appuyant.

Il en coûte etnquo cents francs ! . . C'est l'avoué du second qui me l’a dit. . . Monsieur Lchableur. . . sans ça, il y a longtemps que ça serait fait !

JULIE

Clnque cents francs ! . .

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