‹ Une soirée à la Bastille, comédie en 1 acte et en versChapitre 8 sur 19 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

BOISDAVY, seul : il revient furieux.

Il faut que ces gens-là soient en proie au délire;

( On vient le saluer, lui, ce mauvais sujet! [fait? Mais pour qu’on l’aime ainsi, que diable a-t-il (jonc Il faut, en vérité, que les femmes soient folles! Pour prix de ses amours trompeuses et frivoles, Voilà qu'on vient encor lui faire les yeux doux...! Elles se font conduire ici par leurs époux, [très ,

| Qui plus est ! leurs époux, oh ! les sots ! les béli- Adorer le caillou qui va briser leurs vitres!

Un fat, un fanfaron.. . je ne puis le souffrir;

Un moqueur éternel!... Que j'aurais de plaisir A lui faire porter le poids de ma colère,

| A lui dire... oui, mais..- ce serait une affaire...

* Il faudrait dégainer... El je ne sais pourquoi,

Ça me fait un effet... non, c'est plus fort que moi. Ce n’est pas de la peur... de l’aspect d'une épée Ma paupière est toujours péniblement frappée;

| Et le plus singulier, c'est que le pistolet...

! Produit exactement sur moi le même effet.

J'ai beau me sermonner, dès que je suis en garde, Ou <yje d'uue arme à feu le canon me regarde... On entend de nouveaux cris.

Encore!

SCÈiNE VII. -

BOISDAVY, DELAU.NAY, sortant de chez elle.

M lle UE LA UN » Y. [Cfis,

Eh bien! marquis, d'où viennent tous ces Et que se passe-t il de nouveau dans Paris?

BOISDAVY.

Madame, ce n'est rien; c’est toute la noblesse, •

magasin théâtral

Qui vient à Richelieu témoigner l'allégresse Que lui cause Oapoir de recouvrer bientôt Le sultan du boudoir et le roi du tripot.

Quoi ! c'est pour Richelieu I • roisdavt.

C’est à ne pas y croire!

Il faut que les maris aient bien peu de mémoire Pour venir aujourd'hui de cet enfant gâté Exalter l’amour-propre et gonfler la fierté;

Il n avaft pas besoin d’une telle victoire!

, Richelieu parait dans le fond, écoute et se cache. BOISDWY.

Va-t-il faire le beau! va-t-il s'en faire accroire!

Oh! je le vois déjà drapé dans son orgueil.

Ainsi qu'une faveur nous donner un coup d’œil.

Se cambrer bravement, en laissant sur sa hanche j Tomber avec amour sa petite main blanche;

Je le vois gazouillant, zozotant, grasseyant Kt souriant toujours, pour laisser voir la dent... j Comme la Chavigny !...

BOlSDAVr. *

Tout a I heure, madame, Elle montrait pour vous fort peu de bonté d àme; Elle disait, je crois, que souvent Malézieux Vous aidait a parler le langage des dieux, [dre, | Que pour le bon Chiulieu vous avez le cœur ten*

El tjue. tout vieux qu’il est, vous savez le compren- | M 11 * delaunay. [dre.

Ab! celte chère amie; elle m’en veut toujours De ce qu un jour Chaulieu m a fai# des vers d’a-

[tnours-

Quant à ceux qu elle fait, s'ils manquent de césure,

S ils sont trop courts d’esprit et trop longs de me- Est-rema faute à moi? Doit-on être jaloux, [sure,

Si les gens qu’on rencontre ont plus d’esprit que* Lsl-re ma faute encor si Ton me dit jolie ; [vous ?

Et doit-on se fâcher d’une phrase polie ? [propos Pour Titus prouver, marquis, combien tous ces Glis»cnl sur mon esprit sans troubler mon repos, Voyez-la de ma part et sans cérémonie,

Pftcx-la de venir avec sa compagnie Souper demain chez moi.

• BOISpAVY.

J 'y cours dès le moment.

«"• Dhl.AU> AV

Von» lui témuigncr.'Z tout mon «lladicmeru*

Richelieu partit sur le» nions dtf lloisdovy ; il t f, j, i r i.le et pensif et V. rentrer dit/, lui sons fine semblant de la voir.

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