SCÈNE IV
Madame GEOFFRIN , FONTEINELLE , MIRMONTEL, PANA.RD.
FONTE^ELLE
Enfin il nous est rendu !... je vous le ramène , et le voilà de nouveau avec ses amis!... MARMONTEL (accouraut et baisant les mains de madame GeofiFrin).
Enfin je vous revois! ma généreuse amie!...
CHEZ MADAME GEOFFRI^'. 215
«ADAHB GtOfFRi.-^ (émuc, mais se couîenaut).
Je suis bien aise de vous revoir , Marmontel... Je suis bien aise de tous revoir, mon amiî...
Est-ce que vous ne lui trouvez pas le teint aussi vermeil que s'il sortait d'une abbaye de Bernardins!... Ma foi, vive la Eastille!... c'est une fort bonne condition que celle de pensionnaire du roi... Qu'en dis-tu, bonhomme Panard ?...
Je suis de ton avis, sans avoir pourtant le désir de savoir a quel point cette condition-là est bonne.
aAEHO^TEl.
Ail ! ne le croyez pas. J'ai été bien malheureux pendant le peu de jours que j'ai passés dans les sombres murailles de la Bastille. La Bastille!... ce nom seul glace le cœur.
ÏÏAtiiME GEOFrm.
Puisqu'il en est ainsi, j'espère, Marmontel. que cette aventure vous guérira de la manie de faire des vers!... et de méchans vers encore:
215 l^NE SOIRÉE
car ceux de la satire sont mauvais, oh ! très mauvais!... il faut que je vous le dise, Marmonte). MARMONTEL souriant.
Je vous les abandonne... ils ne sont pas de moi...
MADAME GEOFFRllV.
Réellement ?
MARMONTEL mettant Ja main sur sa poitrine. Sur l'honneur ?
FONTERELLE.
Ma chère amie, croyez-le: il vient de nous donner la preuve la plus authentique que la satire n'est pas de lui.
MADAME GEOFFRIW.
Comment cela ?
FONTENEILE.
Il ne s'est pas fâché lorsque vous lui avez dit que les vers étaient mauvais.
Tous rienf.
Ah! ah! ah!...
PAUAED.
Pardieu! j'aurais dû le deviner sur cette pensée-là ; moi, qui me fâche toujours lorsque l'on me dit que je fais de méchans vers!...