‹ Une soirée chez Madame GeoffrinChapitre 7 sur 29 · CHEZ MADAME GE0FFR15. 20 S · texte numérisé non relu

CHEZ MADAME GE0FFR15. 20 S

iine femme, puisque je suis une femma et non pas une licorne.

d'aleîibeet.

Et . depuis ce jour-ià. il ne vous appelle plus que sa licorne.... Mais allons , voyons.... (// lui prend la main dans les siennes.) vous serez donc toujours grondeuse ?

3XDAME GE0FFEI5.

th ! sans doute, je suis grondeuse.... C'est un état que je me suis fait dans le u^onde. Je suis grondeuse , comme les autres sont aimables... je gronde mes amis dans leur intérêt , et mes connaissances pour mon plaisir... Vous voyez bien que tout le monde doit être content. d'aleubert.

Ah î très certainement. — Et ceu\ qui se plaindraient auraient le caractère bien difficile.

MiDAÎIE GEOFFRIX.

-Ve raillez pas!... [Elle regarde de nouveau à sa montre.) Et ce Fontenelle qui n'est pas encore venu. L'avez-vous vu ce matin , d'Alembert ?

D'Alembert fait des calculs sur une petite carte. Il ac répond pas.

MADAME GEOFFRm (allant a lui).

D'AIembert, vous êtes insupportable ce soir!... en vérité, je ne vous reconnais pas... Comment vous, qui, à cette heure-ci, êtes le plus amusant de tous; vous qui, après avoir chiflFré de l'algèbre tout le jour , ressemblez le

soir à un écolier échappé du collège vous

êtes aujourd'hui aussi ennuyeux qu'un savant.

d'alehbert, repliant sa carte.

Allons , ne vous fâchez pas. Vous savez qu'en effet cela ne ra'arrive pas souvent; mais, aujourd'hui, le philosophe de Paris est soucieux... il s'occupe, en vraie commère , de ce qui se passe à la Chine... J'ai reçu, ce matin même, une lettre de ce pays, de mon ami le père Parennin , et cela m'occupe.

MADAME GEOFFRIIS.

Allons, laissez là votre père Parennin et votre Chine , et dites-moi si" vous avez vu Fontenelle ?

d'alkmberx.

Oui , certainement. Ce matin même à TAcadémie.

CHEZ MADAME GE0FFR15. "lOo

STàDMIE GEOFFRIX.

Et que vous a-t-il dit ?

d'alehbert.

Rien du tout... Ah! si fait, si fait. Il m'a chargé de vous dire qu'il irait ce soir, à six heures, chez M. de Sarlines pour y prendre Marmontel qu'on y conduit de la Bastille.pour vous le ramener ensuite ici lui-même.

MADAME GE0FFRI5.

Et vous ne me disiez pas cela !

( Entre Georges.)

GtOEGES.

Le coureur du duc de Choiseul apporte cette lettre pour madame. ( // sort. ) d'aîembert.

Ah ça ! mais vous êtes comme un ministre aujourd'hui.

MADAME GEOFFRis, après avoir lu rapidement.

Voici bien d'autres affaires ! Il parait que

cette élection de 3Iarmontel éprouvera de grandes difficultés !... voilà Thomas qu'on nous jette aux jambes à présent... Ce sont les d'Argental qui font cette brigue.

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