‹ Une soirée chez Mme GeoffrinChapitre 5 sur 20 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

Le tîiédtre représente V appartement de M"'. Geoffrin. Elle est assise devant une table sur laquelle sont des livres^ des brochures^ des papiers et une écritoive. — Elle est rêveuse. — Elle regarde à une pendule qui est près d^elle.

Cinq heures ! et pas encore de nouvelles de M. de Sartines! — il m'a cependant bien iliit

espérer la liberté de notre prisonnier poui^ aujOurd''hui, 3o novembre. — Quel homme aussi que Marmontel ! Il avait bien affaire d'oiFenser ce due d'Aumont, en récitant partout cette sotte parodie contre lui, 11 a eu beau protester

ensuite qu^il ne Pavait point faite... le voiià à la Bastille... et, par suite de cette aventure, son bonheur gravement compromis. . . car je crains bien que son mariage ne soit plus aussi certain. Et son élection à T Académie. . . Ah! c^est surtout cette affaire qui m'inquiète ; nous aurons bien de la peine à l'emporter. — Il y a une si forte cabale! et si nous sommes vainqueurs, cVst que nous aurons intrigué comme les autres... Quel temps!... [Elle se lèç>e.) Ayez donc des amis!... Aimez -les pour avoir des peines ,des inquiétudes qui ne vous regardent pas. — Allons, voilà qui est fini. Je ne veux plus de cette vie d'agitations,.. Je veux suivre les leçons de madame du Deffant... Voilà une personne sage, une femme qui n'a jamais vécu que pour elle.,.. Je veux faire de même, — et dès aujourd'hui. . . {On entend du bruit.) Quel est ce bruit?... C'est lui!..

[Elle remonte la scène vwcment.)

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