LES JEUX INNOCENTS
fatigant ! — Au colin-maillard assis?
^ Y — Maman m'a défendu ce jeu-là...
i'^ — Eh bien ! au colin-maillard ordinaire ?
— Allons, va pour le colinmaillard; mais qui est-ce qui le sera?
— Moi, si vous voulez, mesdemoiselles, dit un monsieur d'une cinquan-
Jouons
la main-chaude, dit un grand dadais. (P. hfl.)
taine d'années, qui aime beaucoup à se mêler parmi la jeunesse et à faire l'aimable avec les demoiselles, qu'il préfère aux mamans, surtout depuis que celles-ci ont plaisanté sur sa perruque.
La proposition du monsieur est acceptée. On lui bande les yeux en conscience et sans lui laisser le plus petit jour ; ensuite les jeunes filles courent dans le salon, les jeunes gens en font autant, et l'on pousse de grands éclats de rire. Le monsieur, qui a voulu faire le jeune homme, s'est déjà cogné deux ou trois fois, quoiqu'on lui ait crié : Casse-cou ! et chaque fois qu'il se frappe contre un meuble, il s'écrie :
— Qu'elles sont espiègles ! Ah ! les petites folles !... Oh ! cette fois j'en tiens une !...
— Nommez, nommez ! lui crie-t-on de tous côtés. Le monsieur, après avoir réfléchi longtemps en tâtant seule la main qu'on lui abandonne, dit d'un air victorieux :