ACTE II, SCKNE I
Mais dans Rome trois fois elle a donné des jeux ; Sa fortune est immense et sa race illustrée; On dit qu'elle possède un palais à Caprée?
FLAVtEN.
Ce n'est pas elle.
LUCIUS
Alors c'est Stella; le sommei'.
La surprend sur un lit de nacre et de vermeil , Ses bains sont d'ambre pur, et l'or pur de ses voiles Semble, comme son nom , lui venir des étoiles,
FLAVIEN
Pas elle.
OCTAVmS.
Est-ce plutôt la blonde Epicharis, Qui décupla sa dot de maris en maris?
LTJCIUS.
Julia te tient-elle en ses douces entraves?
OCTAVIUS
Est-ce l'impératrice?
FLAVIEN
Une de mes esclaves Que je vais affranchir devant vous.
TOUS
Que dis-tu ?
FLAVIEN
L'amour qu'on a pour elle enseigne la vertu ! J'ai livré tout mon cœur à son charme suprême ; Je ne suis libre, moi , que depuis que je l'aime ! Autrefois , d'un désir vers un autre emportés,
24 LE GLADIATEUR
Mes sens avaient subi le joug des voluptés; Dans les lieux où Virgile a placé l'Elysée, Parthénope , au matin brillante de rosée , M'attirait, m'enivrait de ses enchantemens; Tibulle m'enseignait les soupirs des amans. D'aimer selon mon cœur autrefois incapable, Je suivais sur les flots une beauté coupable; Aux folles passions j'abandonnais mes jours : Rome avait moins de dieux que je n'avais d'amours! Mais aujourd'hui l'amour sous sa puissante flamme A changé mes destins , m'a révélé mon âme. Ce n'est plus ce transport , trompeur dans ses désirs , Qui laisse le remords sous chacun des plaisirs, Cet éclair de bonheur qui rend la nuit plus noire î C'est l'amour plus réel et plus beau que la gloire! Néodémie en moi fait naître celte ardeur : Son front mélancolique et voilé de pudeur Brille comme une étoile aux mortels inconnue ; C'est Vesta tutélaire en mon palais venue.
OCTAVIUS
Est-il Nazaréen ?
Lucirs.
Non, non, il n'est qu'amant.
FLAVIEX.
Vous serez mes témoins pour l'afiranchissement ; Ne lui refusez pas votre indulgence amie.
OCTAVIUS
La connaissez-vous ?