ACTE IV, SCÈNE II
ESCLAVE GAULOIS
Rome , que nos fureurs , pour ton front criminel , Amassent sens nos fers un orage éternel ! Que la voix des fléaux à notre cri réponde l
RAaLADA L'ÉMONIDE.
L'esclavage est plus lourd qu'aucun fléau du monde.
LE GLADIATEUt,.
Konie, qu'en l'écrasant, ton olympe menteur Crpule, quand tombera ton grand Gladiateur! Que la foudre nous creuse une tombe profonde !
RAMADA L'ÉMONIDE.
La foudre au bruit des fers écrasera le monde î
Toi, toi, qui vas jouir de leurs derniers instans ,
Qui pèses sur la terre à chaque pas du temps,
O Rome ! oh! que ne puis-je, avant mon agonie ,
Délivrer l'avenir de ton affreux génie !
Que ne puis-je aux vautours, des quatre points du ciel,
Livrer avec le mien ton cadavre éternel.
Et voir d'un œil vengeur, avant mes funérailles,
Ta louve aux dents d'airain déchirer tes entrailles !
Rome, je te maudis!
TOCS.
Nous te maudissons !
LE GLADIATEUR
Bien!
J'excepte du serment le jeune Gordien.
J'en réponds à l'Empire , à sa noble famille. Du moins tant que vivra certaine jeune fille.
72 LE GLADIATEUR
r.E GLADIATEUR.
Comment sais-tu cela?
RAMADA L'ÉMONIDE.
Oh ! si j'osais parler !
C'est une grande histoire à vous faire trembler.
LE GLADIATEUR
Ah ! vraiment.
RAMADA L'ÉMONIDE.
L'empereur à moi doit sa naissance.
Un charme affreux dont rien n'égale la puissance. Un enfant, avant l'heure arraché...
LE GLADIATEUR
C'était toi!!!...
RAMADA L'ÉMONIDE.
Mais...
LE GLADIATEUR
Regarde-moi bien , te souviens-tu de moi ?
RAMADA L'ÉMONIDE.
0 dieux!!!
Reconnais-tu l'époux de la victime?
C'était toi...
TOUS
Quel mystère !
LE GLADIATEUR
Un exécrable crime.
Quoi! ta main , pour trouver un philtre triomphant, A déchiré le sein qui portait mon enfant, Et dans ses flancs ouverts ton regard de panthère,