ACTE IV, SCÈNE IV
A passé sur mon front , mais non pas sur mon cœur : Je suis père!!!
LE PEUPLE
Non ! non !
LE GLADIATEUR
Oh ! qu'ils daignent t'entendre Demande-leur ta grâce avec ta voix si tendre.
NF.ODÉMIE.
Le ciel...
LE GLAniATEUR.
Tais-toi, tais-toi... Peuple, grâce et pitié'
fAF.ustine.)
Tu sais quel sort, Faustine, à son sort est lié. Ton fils...
Funeste oracle ! Ah î je perds ma vengeance !
( Haut. )
Ma rivale... mon fils... Romains, de l'indulgence. Oui, nous devons venger nos temples immortels; Mais la nature aussi dans Rome a des autels , Et des droits paternels la puissance adorée Tient sa force des dieux , et comme eux est sacrée. L'esclave les conserve, et ses cris de terreur Montent jusqu'à Fausta, mère de l'empereur. C'est sous le fer mortel sa fille qu'il embrasse ; Toute mère avec moi doit demander sa grâce.
LE PEUPLE
Non ! non î
LE TRIBUN, bas à Faiisline.
Il faut céder à ce peuple orageux.
84 LE GLADIATEUR
FAUSTINE
Céder?
LE PRÊTRE DE JC^fO:».
Le peuple-roi règne seul dans ces jeux. Ta clémence, Fausiine, est subite et nouvelle, Toi-même ce matin tu m'excitais contre elle! Elle appa<-tientaux dieux.
LE GLADIATEUR. (Il f;iil le tour du cl, que .•n pr.'sentaut sa fille au pe.ple.)
Non, peuple triomphant, Vos dieux ne veulent pas la mort de mon enfant! L'arrêt que l'on vous dicte est effroyable, impie; Un jour, lorsqu'un lion, oubliant sa furie, Reconnut Androclès , son sauveur, dans vos jeux. Votre pitié, Romains, les épargna tous deux : L'esclave et le lion obtinrent grâce entière; Seriez-vous plus cruels pour la fille et le père?
(Fiicce.)