‹ Une soirée du Théâtre-Français, 24 avril 1841Chapitre 60 sur 125 · NÉ0DE3HE · texte numérisé non relu

NÉ0DE3HE

Est-4l pas poiir ton glaive Assez de place?

LE GLADIATEÏUR.

Non , je te ferais souffrir Davantage.

NÉODÉMIE.

Pitié !

LE GLADIATEUR

Laisse-moi découvrir Tes épaules... 0 ciel!

FAUSTINE

Que la victime est belle!

LE GLADIATEUR

Là... l'empreinte du fer.

NÉODÉMIE.

La mort... la mort.

LE GLADIATEUR

Comme elle.

Mais ce coup de poignard, comment l'as-tu reçu?

(Néodémie fait signe qa'efle l'ignore, j

Le nom de tes parens ?

NÉODÉMIE.

Je ne l'ai jamais su.

LE GLADIATEUR

Jamais...

NÉODÉ3HE.

Non, en Egypte, esclave et sans famille.

LE GLADIATEUR

Dieux... ô dieux î

82 LE GLAhlATEUU.

LE PRÊTRE DE JUNON

Frappe donc.

LE GLADIATEUR

La frapper... c'est ma lille !

NÉODÉMIE.

Moi?

FAUSTINE et tout le peuple.

Sa filie !

LE GLADIATEUR

Ma fille ! ô terre , entr'ouvrc-loi !

J'allais tuer ma fille!... O cieux! écrasez-moi!

NÉODÉMIE.

Mon père !

LE GL.\DIATEUR.

Mon enfant, à mon amour ravie, Bonheur tant souhaité qui manquait à ma vie. Que je redemandais à vos dieux mutilés, Dans vos palais détruits, dans vos temples brûlés; Arrachée avant l'heure aux flancs nus de sa mère, Et pour être jetée au couteau de son père!!! Vous n'ordonnerez point cet horrible trépas. Peuple... c'est mon enfant...

LE PRÊTRE DE JUNON

L'esclave n'en a pas.

LE GLADIATEUR

C'est trop... Je m'arme encordu droit que tu dénigres. Je suis à vous, c'est vrai ; ma chair est à vos tigres, C'est vrai: le fer brûlant dans la main du licteur.

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