‹ Une soirée du Théâtre-Français, 24 avril 1841Chapitre 64 sur 125 · SCÈNE Ire · texte numérisé non relu

SCÈNE Ire

^EODEMIE seule; elle porte le vêlement des martyrs.

Seule , seule ! Oh! du moins si leur clémence amère

IN'avait pas séparé l'enfant d'avec le père !

Du moins si dans ce jour, qu'on donne à la pitié ,

Nous avions pu pleurer et souffrir de moitié !

O douloureux bienfait ! ô trompeuse indulgence !

La pitié des Romains est encor la vengeance !

Seule! seule !!! mon Dieu, n'es-tu plus près de moi?

Oh ! qu'as-tu fait de mon courage ?

Faible colombe , dans l'orage

Mon vol avait besoin de toi !

Je me plains et tu me condamnes;

A toi je n'ose plus m'offrir !

Et sur mes fers sacrés coulent des pleurs profanes : Et tu m'as délaissée au moment de mourir ! Flavien... Flavien... ce nom est un blasphème ! Sans emporter vers Dieu l'àme de ce que j'aime^

«« LE GLADIATEUU.

Je fuis mon maître et mon époux !

A ton doux regard asservie.

L'épouse sur ton cœur devait trouver la vie ,

L'esclave t'aimer à genoux !

Et je meurs ; un souffle de glace A passé sur mes yeux pour me voiler le jour! Loin de loi, Flavien , Dieu me marque ma place... Oh ! les cieux pourront-ils consoler de l'amour î Hier à tes côtés je marchais palpitante Sous les voiles d'hymen et l'écharpe flottante;

Le bonheur avait son autel.

Ma robe de martyre est bien moins éclatante, Mais donne à notre front l'auréole du ciel !...

Mourir, mourir î... Voici venir le saint apôtre, Qui met toute son âme à consoler la nôtre î Il entendra ma plainte.

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