SCÈNE Ire
^EODEMIE seule; elle porte le vêlement des martyrs.
Seule , seule ! Oh! du moins si leur clémence amère
IN'avait pas séparé l'enfant d'avec le père !
Du moins si dans ce jour, qu'on donne à la pitié ,
Nous avions pu pleurer et souffrir de moitié !
O douloureux bienfait ! ô trompeuse indulgence !
La pitié des Romains est encor la vengeance !
Seule! seule !!! mon Dieu, n'es-tu plus près de moi?
Oh ! qu'as-tu fait de mon courage ?
Faible colombe , dans l'orage
Mon vol avait besoin de toi !
Je me plains et tu me condamnes;
A toi je n'ose plus m'offrir !
Et sur mes fers sacrés coulent des pleurs profanes : Et tu m'as délaissée au moment de mourir ! Flavien... Flavien... ce nom est un blasphème ! Sans emporter vers Dieu l'àme de ce que j'aime^
«« LE GLADIATEUU.
Je fuis mon maître et mon époux !
A ton doux regard asservie.
L'épouse sur ton cœur devait trouver la vie ,
L'esclave t'aimer à genoux !
Et je meurs ; un souffle de glace A passé sur mes yeux pour me voiler le jour! Loin de loi, Flavien , Dieu me marque ma place... Oh ! les cieux pourront-ils consoler de l'amour î Hier à tes côtés je marchais palpitante Sous les voiles d'hymen et l'écharpe flottante;
Le bonheur avait son autel.
Ma robe de martyre est bien moins éclatante, Mais donne à notre front l'auréole du ciel !...
Mourir, mourir î... Voici venir le saint apôtre, Qui met toute son âme à consoler la nôtre î Il entendra ma plainte.