LE GEOLIER
Il vient de supporter trois heures de tortures.
Quoi ! pour venger leurs dieux et leur liorriblc loi..
ACTK V, SCEXE U, 80
ORIGÈNE
Vous m'avez demandé; ne parlons plus de moi. Pour me rendre à vos vœux le Dieu qui nous écoute Fit cesser mes tourmens un peu plus tôt sans doute, Et je viens : des bourreaux je passe à mon enfant. Mes mains peuvent bénir votre front triomphant, Et je puis m'affermir sur ces pieds qu'on déchire, Pour demeurer debout devant une martyre.
NÉODÉMIE
Hélas ! si vous saviez quels douloureux combats Se livrent dans mon sein à chacun de mes pas ! Je perds tous ces momeiis sacrés que Dieu me laisse: Chaque heure de triomphe augmente ma faiblesse. En quittant Flavien , mon époux , pour mon Dieu, A tout ce que j'aimais j'avais cru dire adieu ! Eh bien ! je me tiompais...
ORIGÈNE
Que dites-vous, ma fdle ?
NÉODÉMIE.
Je vous ai raconté que j'étais sans famille ; J'espérais, à mon Dieu quand je venais m'offrir. Dans ce cirque cruel n'avoir plus qu'à mourir. Sous le glaive déjà s'achevait ma prière : L'esclave qui devait frapper... c'était mon père .'!'
ORIGÈNE
Votre père î
NÉODÉMIE.
Mon père... oh ! je n'en doute pas;
90 GLLAniATKUll.
J'ai perdu mon courage en tombant dans ses bras. Il cherchait son enfant...
ORIGÈNE
Dieu voulait la lui rendre.
NÉODÉMIE.
Pourquoi , puisqu'il devait sitôt la lui reprendre ? Il est esclave , lui , n'ayant que moi pour bien...
ORIGÈNE
Et si votre martyre un jour le fait chrétien ?
NÉODÉMIE.
J'entends encor ses cris, je vois encor ses larmes...
ORIGÈNE
Pour ce nouveau combat Dieu n'a-t-il pas des armes?
NÉODÉMIE.
Je dois mourir demain î...
ORIGÈNE
Prenez-les d'un bras fort, Et vous les lui rendrez , ma fille , après la mort !
NÉODÉMIE.
Ah ! je veux vous ouvrir mon âme tout entière : Moi, des bras d'un époux jetée aux bras d'un père. J'ai senti, l'avouerai-je, en ce funeste jour, De l'amour filial s'accroître un autre amour. Une image adorée... oh! que Dieu me pardonne. Ma vie est-elle à moi pour que je la lui donne ? Flavien...
ORIGÈNE
Vous parlez d'un sentiment morteU Sous ce saint vêlement des épouses du ciel l