‹ Une soirée du Théâtre-Français, 24 avril 1841Chapitre 86 sur 125 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

WILDRAKE.

Non , pour un tel message il faut de la raison , Du sang-froid, et j'en ai... Tu n'es pas assez sage.

ÉVERARD

Quel riche diamant!

WILDRAKE.

Oui, diamant de page, Diamant faux.

ÉVERARD

La bague, à ce qu'il me paraît , Nous cache un double fonds.

WILDRAKE.

Quelque tendre secret.

Tu l'as ouverte?...

ÉVERARD

O ciel ! quel nom î fatal mystère I Wilmot!

WILDRAKE.

Le plus mauvais sujet de l'Angleterre.

Ce page en ce château reçu, fêté, chéri, C'est Wilmot! de Stuart le digne favori !

WILDRAKE.

C'est avoir du malheur... je prends bien part...

EVERARD

Alice De ce déguisement serait-elle complice ?

WILDRAKE.

Cela s'est vu.

EVERARD

Quoi! tant de vertus et d'appas!!!

WILDRAKE

La pauvre enfant, mon cher, n'en réchappera pas. Ce Wilmot est un vrai démon...

EVERARD

Le maudit page !

WILDRAKE.

Esprit léger, lalens, grand nom, leste équipage , Près d'un sexe enchanteur ignorant les revers...

EVERARD

Grâce!!!

WILDRAKE

Il le trompe en prose, il le séduit en vers.

J'enrage!...

WILDRAKE.

A Charles-Deux, dans l'ivresse des fêles Il a plus d'une fois enlevé ses conquêtes. Nos dames , à son nom..

EVERARD

Ces détails sont charmans; Et sans doute il se bat?

WILDRAKE.

Contre tous leurs amans.

EVERARD

On vient, suis mes pas, et tous deux d'intelligence, ôillons nous assurer d'une prompte vengeance.

(Ib sortent.)

Page 1