‹ Une tempéte dans un verre d'eau; comédie en 1 acte. Représenté, pour la première fois, a Paris, sur le Théatre historique, le 18 déc. 1849Chapitre 2 sur 13 · DISTRIBUTION DE LA PIECE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DE LA PIECE

LUCIEN M. E. Purrox.

FLORIDE, sa femme M"* Rey.

Vu DomsTiQDS de l'hfttel M. Paul.

La teène aej^aa/^^whmni de Dieppe,

/Y CV -i'î^'

Salon élégant, terrassa au loiauin, fond maritime ; dana l'angle d* gauche, . unefenêtt-6; daDs l'adgle de droite, une cheminée garnit d'Uni pendule et de deut candélabres ; purte praticable eu fond donnant sur uti perron. Au f ptau, à gauchi, un buGffeir sur c«> buiïet, deux plàtâ de fruits, cuillères, fourchettes et couteaux de service, un pain-couronne, un jambon anglais, un homard, un citron sur une assiette, quelques petits gâteaux, une bouteille de vin ; à la face de gauche, une table avec nappe, deux couverts, deux serviettes, deux verres à patte; au milieu une douzaine d'huttres ; à la fa<!e Uit plat de crevettes { au tointaifl, 4ti poulet garni de cresson, une carafe d'eau; au pied de la table, face au public, et à gauche, un seau ou glacier pouvant contenir deux bouteilles; une seule s'y trouve au lever du rideau; sur la chaise, à droite de la table, UB nécessaire ; au lointain, sotts l'appui de la fenètrtf, un coffre fermé ; à côté une chaise sur laquelle sont placés le chapeau et le chàle de Floride ; plus loin, sur une autre chaise, un carton à chapeau de dame ; près de la porte du fond à gauche, un cordon de sonnette ; un peu plus à la face la malle remplie de» eifeti ée Fforfde ; Cftté droit, ixit un X, la malle^e Lucien; elle est en regard de celle de Floride; au fond, une chaise sur laquelle est une petite malle en cuir ; sur le coin de la cheminée, un étui à chapeau d'homme ; dfs papif^rs, des journaux partout répandus ftur la cheminée ; dans l'angle, fourreau à parapiuie ; à L'extrême droite, un tabouret avec cartons de dentelles et bonnet ; ; à la face, toujours à droite, un guéridon avec tapis, où sont posés un petit métier à tapisserie, un écrin, deux ombrelles, une marquise enveloppée et un» brochure in-8°; sur la chaise près du guéridon, la bibliothèque de voyage, composée de huit petits volumes liés avec une faveur, trois paires de bottines sur les livres ; désordre naturel aux apprêts d'un voyage.

soÈêim !•

FLORIDE, à ta fenêtre, parlant au dehors.

Encore uue fois, soyez Irànquille, mon cher oncle; si la lettre que vous attendez avpc tant d'itnpalièoce flfHve pendant votre promenade, je vous la ferai porter par Aiuoine... Antoine, commandez à la poste des chevaux pour onze heures... Nous partirons pour Forges aussitôt après le déjeuner de monsiciu- de CourbtTive... Si vous le ronCOniri>Z, dlti'.s- lui que jt raiienJs... Bonne promi;.<adi', mon onde ; nt- manquez pas de nous njoiudre à Forges dès que vous aurez reçu la lelire que vous attendez !... Adieu, adieu 1... {Elle descend la scène.) Ce cher et excellent oncle Fernand! quel malheur qu'il ne puisse pas partir aujourd'hui avec nous! mais cette grande communication pohtique dont il doit recevoir mystérieusement la confidence dans celte lettre

^ depuis six mois n'arrive pas... Par.'e que taon onde a conspiré une fois... il conspire toujours... c'est la santé pour lui... Mais j'oublie que ma femme de chambre est partie pour Forges, où elle nous attend, et que je dois achever moi-même ce que j'ai commencé, c'est-à-dire faire mes malles... A l'ouvrage !... {jéllant à droite.) Où mettrai-je ces bottines? dans ce coffre ?.., il est déjà plein jusqu'aux bords... et puis je froisserais mes robes de soie... Ah! ici, dans celle de Lucien, sur ses cravates... parfait ! mes bottines ne seront pas foulées... {A gauche.) Et ce nécessaire? Mon Dieu, qu'on a de choses quand on déménage ou qu'on s'en va ! C'est qu'il est bien lourd... si je le mettais encore dans la malle de Lucien ? sur ses gilets ? c'est cela... il en résultera peut-être quelques faux plis... Lucien est si bon, et après trois ans de mariage... ( Elle passe à droite près du guéridon. ) Oh! mon Dieu! ces trois ombrelles! cetécrin, ce métier à tapisserie, ma petite bibliothèque de voyage. . (£lle regarde dans la malle où elle vient de mettre le nécessaire. ) Entre les gilets et les pantalons , il y a encore une petite place... bien petite... Allons, c'est cela! {Elle se lève.) EÙ&n, tout est embarqué! Ce n'est pas sans peine... ( Elle ferme la malle et passe à gauche en examinant les m.ets qui sont sur la table.) Voilà, je l'espère, un bon petit déjeuner de son goût ; n'ai-je rien oub'.ié? les huîtres, les crevettes, le jambon anglais, le homard, un poulet... C'est que nous ne mangerons plus qu'à Forges. Forges!... (redescendant la scène) c'est notre dernier espoir, puisse-t -il ne pas être déçu ! Ah ! s'il se réalisait, quelle joie ce serait pour Lucien, pour mon oncle Fernand, et pour moi surtout!... Ce livre que Lucien m'a donné ce malin pour me distraire pendant le voyage, renferme, m'a-t-il dit, les principaux miracles que les eaux de Forges ont produits... Voyous... {Elle s'assied, prend la brochure déposée sur le guéridon, et lit..) « Les Eaux de Forges, leur antique renommée, la «iip riorité, les vertus de leurs propriétés minérales, suivi de la biographie de plusieurs femmes célèbres que ces eaux ont rendues fécondes. » {A ellemême. ) Je n'ai jameis pu comprendre comment des eaux... Après tout. ce n'est pas pour rien qu'on les appelle les eaux merveilleuses. «Ouvrage instructif ei moral. » Moral ! cette dernière précaution me fait peur ; dois-je continuer? Puisque mon mari le veut. {Continuant.) « La reine Anne d'Autriche, après plus de vingt ans de mariage ave; Louis XIlI, ne lui avait pas encore donné d'héritier; vainement avait-<4leeu recours aux prières, aux aumônes, aux pèlerinages. La douleur du roi et du peuple était grande, la c-ouronne menaçait de passera une branche cadette, lorsqu'un paysan de la Normandie, un laboureur de la paroisse de Forges, demandujà parler eu s cretà la reine. On lui Qt attendre longtemps son audience ; admis enfin devant la gracieuae

k UNE TEMPETE DANS UN VERRE D'EAU.

Anne d'Autriche, il lui dit que sa stérilité cesserait si elle voulait prendre les eaux de Forges pondant quelques mois... Elle rit beaucoup du conseil et de l'ordonnance; le confesseur de la reine et son médecin ne rirent pas moins; mais le roi Louis XllI, qui n'avait jamais ri de sa vie, dit au paysan qu'il le ferait pendre si sa recette ne réussissait pas du premier coup, lui qui depuis vingt ans... Le printemps suivant, la cour alla à Forges, et trois mois après, la reine Anne... {Floride est arrêtée par la difllcullé de tourner le feuillet. ) Et trois mois après, la reine Anne... la reine Anne...

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