SÉANCE DU 27 MARS
dehors, ce qui constitue de part et d’autre une sorte de dichotomie inégale.
Telle est la plante normale, combien différente, dans son aspect extérieur tout au moins, de celle dont il nous reste à analyser les caractères !
Au lieu d’une ramification régulièrement sériée, à entre-nœuds graduellement répartis sur la tige, très raccourcis sur le rachis, on a affaire ici à une sorte d’affolement caractérisé par une production absolument désordonnée d’organes appendiculaires très réduits, le tout formant, nous l’avons déjà dit, une touffe compacte dont il n’est pas facile de distinguer nettement les éléments constituants.
Que si cependant on y regarde de plus près, par l’observation attentive de la forme apparente et l’analyse histologique de ces mêmes éléments, on s’apercevra bientôt : 1° que la structure interne des appendices foliacés est exactement la même que celle, des feuilles, des bractées et des sépales de la plante normale: forte nervure médiane, accompagnée d’une ou deux nervures secondaires, avec anastomoses; 2° que leur forme extérieure rappelle non moins fidèlement celle des bractées et des sépales, bien que de taille plus réduite, et plus étroitement linéaires. Ils ne dépassent pas généralement 4 à 5 mill. de longueur, tandis que les
On
ordinaire
remarquera en outre que ces mêmes appendices foliacés, plus ou moins espacés à la partie inférieure et moyenne des courts ramuscules qui leur donnent naissance, se groupent ment en pinceaux à leurs extrémités.
Il est assez difficile, eu égard à l’extrême petitesse des organes
considérés, et à la fréquence des sorties raméales ou foliacées, de se rendre bien compte du système compliqué de ramification qui s’offre ainsi à notre étude.
J’ai cru cependant reconnaître qu’il présente, à chaque sortie raméale, la plus grande analogie avec celui que nous avons vu caractériser, par segmentation de la stèle mère et dichotomies inégales, les rapports d’insertion de la stèle florale et du rachis chez
affaire
acceptable
abondamment
d’aRBAUMONT— UNE TIGE ANORMALE DE VIPÉRINE. 267
prolifères, avec organes appendiculaires foliacés et tous réduits à un type uniforme, bien que de valeurs morphologiques différentes, puisqu’on doit vraisemblablement considérer comme participant à leur formation, dans des proportions à la vérité impossibles à déterminer, l’appareil tout entier des bractées, des sépales, et peut-être même, des feuilles axillantes, et des verlici 1 les plus internes de la fleur.
Il s’agirait donc ici, si nos suppositions sont fondées, d’un phénomène tératologique tenant à la fois de la prolifération et de la
chloranlhie.
Resterait à se demander quelle peut en avoir été la cause efficiente.
Le Journal of the New York botanical garden publiait dernièrement (novembre 1902, p. 190) la figure d’une pousse anormale de Picea Mariana assez analogue à celle que nous produisons ici, et causée, est-il dit, caused by a fungal parasite.
Peut-être faudrait-il mettre aussi sur le compte de quelque Champignon inférieur l’extraordinaire déformation de notre Echiuvn, bien que je n’y aie trouvé aucune marque apparente de parasitisme, avouant toutefois qu’il m’eût été sans doute bien difficile d’en reconnaître sûrement les traces sur une tige depuis longtemps cueillie et complètement desséchée lorque j’en ai reçu communication.
Quanta la recherche, dans un sens interprétatif différent, des causes d’ordre purement physiologique dont cette même déformation pourrait relever, je confesse que, sur ce point, le champ des hypothèses est trop vaste et trop mal délimité pour que je juge prudent de m’y aventurer.