‹ Une Tige Anormale De VipérineChapitre 2 sur 3 · SÉANCE DU 27 MARS · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 27 MARS

hérissée, tuberculeuse (1), rude au toucher, se développe audessus d’une rosette centrale, en une longue grappe de cymes scorpioïdes, formées à l’aisselle des feuilles caulinaires, et diminuant graduellement de longueur de la base au sommet. Très courtes au début de la floraison, les cymes florifères s’allongent peu à peu le plus souvent, jusqu’à prendre à la fin des dimensions assez considérables.

Il peut aussi, dans les pieds vigoureux, se produire, à l’aisselle des feuilles inférieures, des rameaux secondaires, qui prennent parfois un assez grand développement et se ramifient à leur tour en cymes florifères, donnant, dans son ensemble, à l’intlorescence tout entière, la valeur d’une véritable panicule, ce qui l’éloigne beaucoup de la forme typique, et peut même empêcher qu’on s’en puisse servir, pour la reconnaissance de l’espèce, à la fin de la floraison. C’est ce qu’a fort bien observé M. A. de Coincy dans son intéressante Révision des espèces critiques du genre Echium (Journal de botanique, 1900, p. 302).

D’autre part, il arrive parfois, sur des pieds peu vigoureux, que les cymes florifères restent courtes sur toute la hauteurde la tige, — ne dépassant pas 2 à 3 centimètres, tandis qu’on en trouve ailleurs qui atteignent jusqu’à 15,16 et même 20 centimètres, — l’inflorescence formant ainsi une simple grappe plus ou moins étroite. C’est même sur les cymes ainsi réduites qu’on peut le mieux reconnaître la disposition relative des individualités florales dont

elles sont normalement composées.

On constate ainsi que les fleurs sont disposées sur le rachis,

dans l’ordre alternant, sur deux lignes étroitement parallèles, la

cyme tout entière reposant sur un ensemble de bractées latérales qui lui forment en dessous, avec le rachis, une sorte de carène. Même disposition à l’extrémité des cymes plus ou moins allongées, — beaucoup plus lâche sur le reste de leur parcours.

Morphologie interne. — Une suite de coupes horizontales, tangentielles et diamétrales va nous permettre de nous rendre compte de la constitution histologique de la tige, laquelle reste la même,

(1) Deux sortes de poils, tous de même forme, unicellulaires, échinulés, aiguisés en alêne, mais les uns courts, très nombreux; les autres, au contraire, très disséminés, beaucoup plus longs, émergeant ordinairement de petites protubérances cellulaires à contenu coloré en bleu ou en rose.

toutes proportions gardées, dans les rameaux axillaires et dans le rachis des cymes florifères.

Sous un épiderme comportant une seule rangée de petites cellules, légèrement bombées en dehors, apparaissent plusieurs assises de cellules chlorophylliennes, également de petit calibre. Le reste de l’écorce primaire est formé de cellules incolores, plus on moins ponctuées, de calibre sensiblement plus fort, surtout dans la région interne, et souvent de consistance un peu collenchymateuse, sans endoderme caractérisé.

Péricycle peu distinct du liber, et probablement de même origine, tous deux à éléments parenchymateux allongés, dont les parois s’épaississent parfois à la périphérie, mais sans libres de soutien; tubes cribreux assez nombreux, et bien visibles.

Hayons médullaires assez apparents à la base des faisceaux ligneux, mais s’éteignant bientôt pour reparaître parfois au voisinage du liber. Pans l’intervalle, le massif ligneux forme un anneau continu, essentiellement composé de libres et de vaisseaux ponctués, ceux-ci souvent disposés en séries rayonnantes.

Moelle volumineuse, à cellules de fort calibre, dont les parois restent minces, bien que marquées elles-mêmes de ponctuations plus ou moins abondantes.

Les feuilles sont sessiles, lancéolées, hispides, parcourues, dans toute leur longueur, par une forte nervure médiane d’où s’échappent, à la base, deux nervures beaucoup plus délicates, quasimarginales et s’anastomosant plus ou moins, aussi bien avec les bords qu’avec la nervure médiane.

Les bractées et les sépales ont même structure, dans des proportions naturellement plus réduites.

Etudiant maintenant le système de ramification de la plante, je reconnais que le rameau florifère se constitue à l’aisselle de la méristèle foliaire, laquelle se détache elle-même de la stèle caulinaire pour passer dans la feuille, soit à la hauteur du nœud, soit, assez souvent, après un court entraînement à la base du rachis.

Il n’en est pas de même des rapports d’insertion des bractées et de la stèle florale. Les méristèles bractéales se détachent alternativement de l’un et de l’autre côté du rachis, distantes d’environ 90 degrés des stèles florales, lesquelles se forment par segmentation de la stèle raméale. Les segments ainsi détachés se ferment peu à peu, cheminant quelque temps dans le rachis avant de saillir au

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