‹ Une troupe de comédiensChapitre 14 sur 54 · AUTRE SOUS-PRÉFET · texte numérisé non relu

AUTRE SOUS-PRÉFET

oMon plus beau songe, je Vai fait A vouloir être sous-préfet.

Billevesées !

Toutes mes nuits d' adolescent , A rêver ce rêve innocent

Se sont usées.

Je ne voyais rien d'engageant Comme ce frac brodé d'argent

Et cette épée Qui me gêne tant pour m* asseoir,.*, Etfen avais matin et soir

Vdme occupée.

e4 ce rôle auguste et sacré Je m* étais longtemps préparé

Par des études Extraordinaires ; Judic Me reconnaissait quelque chic,

En ces temps rudes.

Q4ujourd*huiyje suis tout à fait, De la tête aux pieds, sous-préfet.

Quand je me lève, Je circule tout éveillé A travers mon rêve étoile,..

Le fichu rêve!

On m'a là-bas expédié Chez des sauvages, sacredié!

{Qu'en dis'tu, Jeanne?) Dans un village des plus laids, Qu'on chercherait en vain sur les

Guides-Joanne.

Cuvant de partir pour ce trou.

Tante m'a mis autour du cou

Une médaille ; Et mon cousin de Graveson M'a dit : « Pense à notre blason,

» Vaille que vaillel

AUTRE SOUS-PRKFET bg

» Sois très prudent dans ton état ; » Concède au prolétariat

» Quelques grimaces.

» Ce n'est pas tout détre joli, » Contran, il faut être poli

» Avec les masses! »

Jl est bon là, mon cher parent, S'il croit être dans le courant,

Avec sa crainte!

Il changerait vite de ton, En apprenant dans mon canton

Comme on m'éreinte!

Le premier jour , maint polisson M^a salué par la chanson :

Il est en pierre !

Et le soir, j'ai vu des gros sous Tomber, lancés par des voyous,

Dans ma soupière.

Je suis tous les jours empoigné Dans un organe très soigné,

L'Argus des Alpes.

O journaliste, sans détour.

Qu'est-ce que je fai donc fait pour

Que tu me scalpes^

6o UNE TROUPE DE COMÉDIENS

Récemment, fat voulu donner ^ Comme il convient , un grand dîner

A mes notables; Et, dans mes projets insensés y Je crojrais n'avoir point asse:{

D'une ou deux tables.

Superbe y mon menu ! Combien Sont-ils venus? Cherche:^. — Eh bien!

Une cohorte ?

— Le seul notaire de F endroit,., Encor s'était'tl (on le croit)

Trompé de porte .

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