‹ Une troupe de comédiensChapitre 35 sur 54 · UN ARTICLE DANGEREUX · texte numérisé non relu

UN ARTICLE DANGEREUX

Tant pis! je suis dccidé à tout.

Et, pour commencer, je vais parler de Berquin.

Ensuite, je continuerai par la Morale en action.

Puis, je terminerai par des considérations nouvelles sur VEducation des serins ou le Délassement des Dames.

Il y a une place à prendre après les pamphlétaires célèbres; cette place est à moi !

Je serai acerbe, je serai mordant ; j'aurai les mains pleines d'allusions.

Vc us allez voir.

J'aime Berquin.

Je le déclare audacieusement, impudemment, à la

face du ciel, dûi-il m'en coûter cher, — dût-on me charger de chaînes !

J'aime Berquin. On ne me sortira pas de là. Je sais que je vais un peu loin ; maiSj je le répète, je suis décidé à tout.

Il y a des gens qui vont à Mirabeau, à Danton, à La Fayette. Moi, je vais à Berquin.

Berquin est mon auteur; c'est mieux, il est mon homme. Il me va, ce Berquin. Emile Zola dirait : Je le g'ofc^. Eh bien ! je le gobe aussi. Je passe par-dessus Texpression triviale. Je lui trouve des côtés. Feu Pelloquet aurait dit : « // est rudement fort ! » et il aurait eu raison.

Une nature, Berquin ! Et la meilleure des natures I D'abord, une bonne figure, un ovale sympathique. J'aime les bonnes figures, elles ne sont pas communes; elles disent le cœur et le caractère; on sait à quoi se fier avec elles, et tout de suite. Tu me vas, je te vais. Tope ! Marchons ensemble. Tu marches vers le bien, moiaussi. Nous sommes faits poumons entendre.

Berquin n'a pas remué positivement son époque. Ce n'est pas à propos de lui qu'on écrira jamais un livre intitulé : Berquin et son temps. Le temps de Berquin! Ah bien! oui ! Laissez-moi rire. Il était joli, le temps de Berquin ! Le nôtre n'est pas beau certainement, mais je ne le troquerais pas encore pour le temps de Berquin.

Et quel écrivain! De la vertu, en veux-tu, en voilà! Et toujours de la vertu, rien que de la vertu I A croire qu'il n'y avait que cela sur la terre! Il a écrit uniquement pour les enfants, il a bien fait. Ce sont de grands lecteurs, les enfants, et les plus ardents, et les plus sin-

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