HISTORIQUE
Nous distinguerons dans l'histoire de la tuberculose, en général trois grandes périodes. |
I) La première, toute de symptomatologie allant d'Hippocrate à Laennec. |
Il) La seconde classique hier encore, caractérisée par la définition des deux types anatomiques : tubereule nodulaire et infiltration tuberculeuse, de Laennec, allant jusqu’à ces
dernières années. \
IT: La troisième née des découvertes bactériologiques de Koch et Villemin, des conceptions nouvelles émises par Landouzy et l’école parisienne et par Poncet et l’école lyonnaise. La tuberculose «a débordé ses frontières », c'est l'aboutissement à la définition pathogénique de la bacillose de Koch : Maladie caractérisée par son agent causal, le germe tuberculeux, toxi-infection aux expressions cliniques
polymorphes, aux réactions anatomiques multiples.
Je Pérronk. — « Les anciens avaient excellé dans les portraits qu'ils ont tracé du phtisique, comme dans la peinture qu'ils nous ont laissé de l’habitus du tuberculeux, de son facies, de ses pommettes saillantes et empourprées, de ses yeux caves, transparents et brillants ; de ses sueurs profuses, de sa toux prolongée et de ses crachements de sang « succédant à l’ulcération des poumons ».
La consomption était la caractéristique de cet état ; aussi Hippocrate appelle-t-il la maladie Dists où consomption, Ce
Gaulier. {
fut le premier type exact de la tuberculose, type éminemment symptomatique, car Hippocrate ne connaissait qu'une seule méthode : l'observation, sa description ne pouvait être qu'extérieure, ignorant tout de l'anatomie ‘pathologique. Partant de ce type la tuberculose fut définie : maladie consomptive presque toujours mortelle et ainsi une seule manifestation l'ultime même, définissait toute la tuberculose et pendant vingt-quatre siècles on a vécu sur la définition hippocratique, ajoutant simplement au tableau clinique de la consomption, les constatations anatomo-pathologiques de lésions destructives ulcéreuses des poumons faites à l’autopsie par Morton et Bayle.
Enfin Laennec vint ; « La matière tuberculeuse peut se développer, écrit-il, dans les poumons et dans les autres organes sous deux formes principales : celle de corps isolés (granulation, tubercule miliaire, tubercule cru, tubercule caséeux, ulcéreux ou caverne) et d'infiltration. » Ce texte célèbre proclamait l’unité de la phtisie tuberculeuse et individualisait les deux iypes anatomiques principaux de la tuberculose, d'une part la granulation ou tubercule miliaire qui devient tubercule cru, et aboutit à la caséification ou à la sclérose, d'autre part l’infiltration grise qui devient l'infiltration caséeuse. Malheureusement, partant toujours de cette tendance exclusive à définir la maladie par ses manifestations cliniques où anatomiques ces deux types anatomiques qui ne sont que deux des multiples formes de la bacillose,allaient servir à défie toute la maladie. Elle changea seulement de nom, définie par la lésion typique « le tubercule » elle devint la tuberculose. Puis ce sont
les discussions fameuses entre Virchow et Laennec, entre
cules et que le microscope ne peut découvrir de follicules
AL
Broussais surtout et Laennec, discussions qui nous valurent
les remarquables travaux ‘de Villemin. Et c’est vraiment
des années 1865 à 1869 durant lesquelles Villemin communi- U , » . » . , » x P:
qua à l’Académie de médecine la série d'études expérimen-
tales démontrant la virulence, la sp'cificité et la transmissi-
. bilité de la tuberculose, que date le début de cette troisième
période, jeune encore et déjà si féconde. Ce «germe subtile» pressenti par Villemin, est isolé en mai 1882 par Koch. On va pouvoir définir la maladie par sa cause : « bacillose » l'appelle Landouzy. Malgré ces merveilleuses découvertes on persistait à n’admettre parmi les affections tuberculeuses cliniquement, que les syndromes consomptifs, histologique” ment que les lésions folliculaires. :
En 1886 dans sa première leçon des cliniques de La Charité, Landouzy disait que si : «les médecins répugnent à accepter l’idée de localisations tuberculeuses c’est parce
qu'il n’ont pas dépouillé l'idée ancienne qui faisait d’une .
tuberculose, avec une quasi fatalité, une phtisie ». Il mon-
trait « qu'on pouvait être bacillaire sans être ni phtisique.
ni tuberculeux, ni folliculaire » et prenant comme exemples les malades atteints deftyphobacillose et de pleurésie « a
frigore » il démontra cliniquement, que ces malades ne sont
pas des phtisiques, puisque souvent curables ; ne sont pas des tubereuleux, puisque l'autopsie ne révèle pas de tuber- ; mais sont des bacillaires ainsi que le prouvent les inoculations et la recherche du bacille. Poncet et l'Ecole lyonnaise vinrent bientôt confirmer cette opinion et démontrer la
& 4 " < x Etre curabilité des rhumatismes jbacillaires de même que'lab-
sence de tubercules et de follicules dans l'articulation, la dé-