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$ IT.— Preuves cliniques, histologiques, etexpérimentales
des cirrhoses tuberculeuses.
Au point de vue clinique, il est une constatation qui frappe tout particulièrement : c'est la fréquence de l'association de cirrhose et de tuberculose,
La tuberculose ancienne est facile à retrouver chez bon nombre de cirrhotiques, quant à la tuberculose actuelle elle est démontrée soit par le séro-diagnostic, soit par l’inosco-
pie, par l’inoculation du caillot, par la culture de contrôle. D'après la statistique de Gougerot, faite dans le service du
. D' Widal, durant une année, et venant confirmer les statistiques de Jousset, 40°}: d'ascite réunies. par le hasard de la clinique sont bacillaires.
; On nous objecte que la tuberculose est venue secondairement se grefler sur une cirrhose d'origine alcoolique, mais alors que conclure des observations de cirrhoses tuberculeuses infantiles recueillies par Hutinel, où l'on peut affirmer. que l’alcoolisme manquait.
Nous dirons même que l’abus des poisons, alcool, etc.,
ne semble avoir qu'un rôle prédisposant. Si les buveurs
sont souvent des cirrhotiques, c'est parce que tuberculeux, la tuberculose touche plus fréquemment chez eux l'organe surmené. | Ne voit-on pas tel individu tuberculeux faire des localisations osseuses parce qu'il est jeune, et que, au niveau de ses épiphyses lesprocessus de nutrition etpartant les chances d'agression des agents infectieux, sont plus marqués ? Tel
autre localisera les bacilles de Koch au niveau des artères
cérébrales, parce qu'il est enfant et que son encéphale est le siège d'un développement intensif et d'une suractivité notable. Tel autre encore, à la puberté, au moment où le thorax, en retard sur le développement général du squelette, rattrape le temps perdu et s'accroît, pour acquérir les caractères et les dimensions relatives qu'il a chez l'adulte, fera de la tuberculose des poumons, qui s’accroissent comme fait l'enveloppe osseuse elle-même.
Tel autre, enfin, au moment de la période d'activité géni- ! tale de la vie, fera de la tuberculose testiculaire.
L'alcoolisme peut donc être un facteur de localisation des lésions tuberculeuses, mais il ne crée pas de toutes pièces la cirrhose hépatique. | |
Au resie on a relevé d'innombrables observations où les lésions et les antécédents de tuberculose pulmonaire et extra-pulmonaire ont précédé l'apparition des signes hépatiques ; c'est bien là la preuve que la tuberculose trouvée à l'autopsie a été là cause provocatrice de la cirrhose et non la complication terminale d’un état cachectique.
Ces preuves, ne sont évidemment pas des plus probantes, pas plus du reste que celles apportées par l'anatomie pathologiques. On sait qu'anatomiquement certaines cirrhoses sont foilicüulaires, d'autres non folliculaires, nous retenons l'observation, parmi tant d’autres, rapportée par Gilheri et Castaigne, où un lobe du foie était parsemé de tubercules alors que d’autres étaient scléreux et l’on a pu retrouver toutes les transitions entre la lésion type le follicule et les travées scléreuses parsemées de nodules Iym-. phoïdes lésion atypique. Hanot et Gilbert ont démontré
également que le processus naissant de la cirrhose tubercu-
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leuse chez les tuberculeux emportés prématurément n'était pas le même que le début de la cirrhose alcoolique chez les alcooliques morts accidentellement. Mais les objections néanmoins ont été nombreuses. Seule la bactériologie a pu trancher définitivement la question.
On peut déceler le bacille de Koch dans la sclérose et dans ses traînées lymphoïdes; Exemple dans le cas de cirrhose atrophique cité par Chauffard et Lœdérich. Plus souvent on démontre par l'inoculation au cobaye, que le foie cirrhotique contient du bacille ; n'en contiendrait-il pas que cela ne constituerait pas une preuve contraire car il peut avoir disparuaprès avoir créé les lésions scléreuses qui ont persisté. Gougerot a rapporté un cas de cette disparition des bacilles, cause de la cirrhose, dans une observation de cirrhose lépreuse. Toutefois on pourra objecter que la découverte du bacille et les preuves de l’inoculation ne peuvent qu'indiquer une dissémination terminale du bacille de Koch favorisée par l'état cachectique, l'association de tubereulose à une cirrhose ancienne de nature toute différente. Mais l'expérimentiation a reproduit les cirrhoses tuberculeuses, et c'est la preuve irréfutable de leur existence. Nombreux sont les faits expérimentaux. En 1890 Hanot et Gilbert apportent le premier cas de foie granuleux expérimen-
tal, en 4899 ils obtiennent un foie ficelé expérimental ; en
489% Widal et Bezançon provoquent, en cent jours, avec
* un bacille humain de virulence atténuée (pus d’abcès froid
osseux d’un vieillard) une cirrhose expérimentale du foie et
des reins ; le foie était granuleux, le tissu de sclérose était
parsemé de rares follicules.
Bezançon et Griffon (1903) rapportent deux cas, dont l’un