HISTORIQUE
« La tuberculose hépatique est une des plus fréquentes localisations du bacille de Koch ».
La stéatose du foie fut la première forme connue des tu-
berculoses hépatiques, en 1829 Andral décrivait le gros foie
des phtisiques : « Presque tous les cas de dégénérescence .
graisseuse, disait-il, se voient chez des phtisiques ». Quelques années plus tard en 1842, Rokitansky reconnut la fréquente origine tuberculeuse de l’amylose hépatique. Puis Brissaui, Hanot, Sabourin complètent l'étude de la stéatose, | Hanot et Gilbert signalent les associations de a stéatose
avec les autres formes de tuberculoses hépatiques, notam-
ment avec les scléroses. Péron reproduit la stéatose du foie
chez le chien par injection de bacilles dans la veine porte. Néanmoins pour la plupart des classiques, lé foie gras des tuberculeux n’est pas une bacillose hépatique, mais une lésion cachectique banale. +
C'est en 1881 qu Hutinel et Sabourin publient les premiers cas de cirrhose tuberculeuse : cirrhose hypertrophique grais” seuse à évolution rapide. En 188 Hanot et Lauth étudient
les cirrhoses hypertrophiques graisseuses à évolution plus
LG =
lente et Hanot et Gilbert les cirrhoses graisseuses à foie
atrophique, les foies ficelés, granuleux, capitonnés de la tu-
berculose ; en 1893 Hutinel individualise la cirrhose cardiotuberculeuse de l’enfant et en 1901 Gilbert et Castaigne donnaient la notion de la cirrhose simple hypertrophique tuberculeuse.
‘ A la société d'anatomie ‘en août 4900, Milian publie un cas isolé de cirrhose atrophique où le rôle de la tuberculose est considéré comme de toute première importance. A Ja société médicale des hôpitaux, en mai 1903, Triboulet bat en brèche l'origine alcoolique de certaines cirrhoses, il demande qu'on approfondisse et qu'on recherche le rôle du bacille
de Koch dans la genèse de certaines cirrhoses principale-
ment hypertrophiques avec ascite, il apporte des arguments
cliniques et étiologiques que les travaux de Jousset sur
l’'Inoscopie confirment expérimentalement. Puis cé sont les
travaux de Courmont et de Cade, Macaigne, Laubry, Clau-
Î de, Carrière, Mouisset, la thèse de Blondin, les observations recueillies par Géraudel dans son traité « Parenchyme hépatique et bourgeon biliaire » les travaux de Gougerot, ont
définitivement achevé la démonstration. Suivant l'expres-
sion de Chauffard : « Il n’existe pas une, mais des cirrho-
ses tuberculeuses »: le bacille de Koch reproduisant au foie toutes les formes connues de cirrhoses.
« Et ces aspects multiples de la tuberculose du foie, ajou-
‘tent Gilbert et Surmont (1), s'expliquent par la nature chan-