‹ Une vie agitéeChapitre 3 sur 15 · NT VIF · texte numérisé non relu

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même de la vivacité de ses sensations ! Uhoinme i)arvenu à trente ans devra se féliciter, s'il est sorti de cette époque si dangereuse, au prix seulement de peines cuisantes 5 maintes fois ravivées, sans engager son avenir. Les intérêts pécuniaires, plus ou moins froissés , ne sont ici qu'un accessoire insignifiant.

Charles de Surval venait d'atteindre sa dix-neuvième année, et d'être reçu bachelier en droit , à Grenoble , sa ville natale , sous les yeux de sa mère qui, jeune et belle au jour de son veuvage , s'était refusée à un second mariage, pour se conserver tout entière à son fds.

Jusqu'alors l'existence de Charles avait été douce, paisible et uniforme. Il n'avait d'autre ami intime de collège que Jules Lepetit, plus jeune que lui de quelques mois et étourdi renforcé.

Madame de Surval enseignait la l]ar[)e a son fils , et l'oncle paternel de Charles, pre'sident à la cour de Grenoble, lui servait de rëpétiteur pour l'étude du droit. Il destinait son neveu à la magistrature.

Ce fut le digne président, austère et homme de cabinet plus qu'aucun , qui crut devoir engager sa belle-sœur à se séparer momentanément de leur enfant, de leur héritier commun.

— Il est temps, ma chère amie, dit-il à madame de Surval, que notre Charles vive de la vie de tous les jeunes gens. J'aime à l'entendre jouer de la harpe, et j'ai hâte qu'il aille en prendre des leçons du fameux Godefroi. Je me reproche les heures qu'il passe avec moi à pâlir sur les vieux auteurs qui font mes délices, mais qu'il n'est pas dans l'obligation de goûter autant que la folle gaîlé de Jules. J'ai eu l'occasion

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