SCÈNE VIIÎ
.MADAME MERLANDIER, TROPHIME.
TROPHIME, entrant du fond, à part.
Je viens de voir sortir l’olibrius!
MADAME MERL.XNDIER, se croyant seule.
Il avait môme fait graver dessus : « A ma Didinc. »
TROPHIME, s’avançant vivement.
Üidine!... tiens! est-ce que vous connaissez ça!
MADAME MERiJtNDIER.
Hein !...'quoi ça?
TROPHIME
line Diane, dite Didiqe... une ancienne farceuse...
MADAME MEKI.AVDIER , se levant.
Earccuse!...
TROPHIME
Oui, à ce qu’il paraît! et qui porte une groseille rouge dans sa salière droite...
MADAME MERLANDIER.
01) ! mon Dieu !
TROPHIME
C’est pour retrouver mademoiselle Didinc, que mon patron m’envoie foiiiller la rue Moiiffetard, où elle percnalt il y à (lente ans.
MADAME MERLANDIER.
Ditline... rue Mouffelard! mais c’est ..
TROPHIME, vivement.
C’est?...
MADAME MERLANDian.
Je ne sais pas. (a part.) J’ai laissé pas mal de tertnes échus dans ce quarlier-lù?
TROPHIME
Oh! si vous la connaissez, mettez-moi sur la piste.
MADAME MERLANDIER.
D’abord , qu’est-ce qu’on lui veut?...
TROPHIME
Pardi ! lui reraellre une lettre d’un nommé Endymion.
MADAME MERLANDIER, vivement.
D’Eiidymion!... ton parrain.
TROPHIME
Comment! mon parrain s’appelait Endymion!
MADAME MERLANDIER. . ,,
Oui, c’est lui qui t’a décoré du nom si joli duTrophime! El
tu dis que tu as une lettre de lui!... Mais donne... donne donc vite? '
TROPHIME
Ah! Bah! est-ce que?...
HADAME MERLANDIER, vivement troublée et lui arrachant la lettre.
Ah ! je la tiens! (sile est prête à s'évanouir.)
TROPHIME
Mais vous vous trouvez mal. ( II apporte le fauteuil et l’y fait asseoir, et court prendre au hasard la casserole comme pour lui jeter de l’eau au visage, mais il s’aperçoit que c’est du chocolat et s’arrête. )
MADAME MERLANDIER , renversant sa tête en arrière.
Ce n’est rien !... des bluettes!... souffle-moi sur les yeux.
TROPHIME, en soufflant, voyant le cou de sa marraine.
La groseille rouge ! Pri.di ! c’(;st elle! ah ! marraine!
MADAME MERLA^DIER , se levant.
Trophime !... il m’avait promis de m’épouser. ^
TROPHIME
Comme je l’ai promis à Lucile.
Madame merlandier.
Oui!... (a part.) non!... (Baissant les yeux.) Autrement! ( Se remettant et décachetant la lettre.) Voyons donc ce qu’il ose m’écrire, ce grand vaurien... après vingt-huit ans de silence. (Elle met ses lunettes.)
TROPHIME, replaçant le fauteuil.
En voilà un entr’acte! (Revenant près d’elle.) Je suis curieux du savoir...
madame MERLAISDIER.
Arrière, enfant, arrière! respecte les secrets du cœur...
TROPHIME , s’éloignant.
On les respecte, ma marraine!... (a lui-mème.) Des secrets du
cet âgC-là !... (s’assied devant le feu et y met force bûches.)
MADAME MERLANDIER, lisant pour elle seule.
« Ma Didine adorée, je te reviens riche...» Riche! (Elle baise la lettre.) « et plus passionné que jamais pour te faire un sort digne « de toi. » (Avec une exclamation de joie.) Ah mon Dieu !
TROPHIME, accffurant.
Hein? qu’est-ce qu’il y a?
madame MEHLANDIER, lisant.
tt Donne ton adresse ou le rendez-vous le plus prochain à « celui qui se dit à jamais. Ton Endymion pour la vie. Réponse « chez Rifolot, pharmacien, rue Maubuée. » Vite la table! une plume!...
trophime, étant la malle de dessus la table, sur laquelle il met l’encrier et
du papier.
Voilà ! voilà! marraine.
MADAME MERLA^D1ER.
Pauvre bichon (a part.) riche!... me faire un sort. Ah ! je suis lâchée d’avoir cassé son verre à patte.