LA PREMIÈRE CHAPELLE
Érection canonique de la paroisse.
Le premier soin de M. P. Boucher, en arrivant dans sa ‘seigneurie, fut d'exécuter en tous points ses résviutions.
Il commença d’abord par se prémunir contre les sauvages, dont les incursions étaient alors fréquentes. Boucherville était particulièrement exposé à leurs attaques; car en venant de la Nouvelle-Angleterre, pour monter vers les pays du Nord-Ouest, ou pour attaquer Villemarie,—ce qu'ils irons à plusieurs reprises—il leur arrivait souvent de suivre le cours de la rivière Chambly jusqu’à Sorel; de là, ils se rendaient par le Saint-Laurent
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jusqu’au ruisseau qui sert de décharge au petit lac, entre Varennes et Boucherville. Quand ils avaient remonté ce ruisseau jusqu’au petit lac, ils revenaient vers le fleuve par la rivière Sabrevois, et arrivaient, après ce détour, derrière le vil:2e.
M. Boucher bâtit son manoir à l’em}iouchure même de cette petite rivière, à une vingtaine d’arpents de l’église actuelle. Il l’entoura de palissades et le fo*tifia suffisamment, pour se mettre en garde contre tou'e surprise de la part de l'ennemi.
À côté du manoir, il fit élever ia première chapelle de Boucherviile ; et en face, sur le bord du fleuve, une petite redoute, dont on voyait encore les dernières ruines il y a quelques années. Voilà
ce que l’on a désigné sous le nom de fort Saint- Louis.
La paroisse n'avait pas encore de curé fixe. Le P. Marquette n'y avait été qu'en passant et pour faire ses adieux à M. Boucher, avant de partir pour ses missions de l’ouest et la découverte du Mississipi MM. les abbés Pommier, de Caumont et de Brullon ne la desservirent, en même temps que les paroisses voisines, qu'à titre de missionnaires. C’est là toutefois qu'ils avaient leur résidence ; là étaient
les registres, et souvent les habitants de Lon:rueuil et de Varennes s’y rendaient pour le baptême de leurs enfants, les mariages et l’accomplissement des autres devoirs religieux.
Ces premiers prêtres missionnaires et, après eux, le premier curé fixe de Boucherville, M. Rodolphe Guybert de la Saudrays, nommé à cette cure en 1688, ont desservi la paroisse de Longueuil jusqu’à la fin de ce siècle !; les auteurs de l'Histoire de Longueuil l'ont eux-mêmes clairement démontré *,
L'érection canonique de la paroisse de la Sainte- Famille eut lieu en1692, qnatre ans après l’airivée de M. de la Saudrays. (Cette date nous parait antérieure de plusieurs années, à celle de l'érection des paroisses voisines. Nous n'avons pas, il est vrai, le décret d’érection de la paroisse de Longueuil, (il ne se trouve pas même dans l’histoire récemment pu-
bliée de ceite paroïsse) pour vérifier ce qu’en a dit
1 Parmi les actes de baptôme faits à cette époque par M. de Brullon, deux surtout sont dignes de remarque, parce qu’ils indiquent ce qu'étaient alors les chapelles de Longueuil et de Varennes. Le premier est celui de Charles Deline, fils de Charles Deline et de Jeanne Bracornnier, baptisé le 6 novembre 1678, dans une chambre de la maison de Longueuil, qui tenait lieu de chapelle, Le second est du 22 avril 1679, et le baptême se fit au Cap Varennes, en la maison du seigneur qui tient lieu d'église. —(Registres de Lrucherville.)
2 Histoire de Longueuil, p. 50—170,
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BOUTCHERVILLE ET SON FONDATFUR 47
M. Genest dans sa carte de la Nouvelle-France, et savoir s’il a raison de ne faire remonter l'érection de cette dernière paroisse qu’en 1715. Mais il n’est pas du tout aussi évident qu'on le dit, que cette date soit fausse par le fait seul que Longuer:il a ses registres paroissiaux depuis le commencement de l'an 1701. S'il y avait dans ce fait la preuve que l'on a voulu y trouver, nous pourrions dire également que Boucherville fut érigé en 1668, puisque c'est cette date que porte la première page de son premier registre ; or, ce serait contraire à la vérité et au décret que nous publions à la fin de notre ouvrage |,
1 Cf. Notes et documents : Décret de l'érection canonique de Bou cherviille IV,