ALEX., ARCH. DE SAINT-BONIFACE
Montréal, 16 novembre 1889,
Jque
e en
lent
avre lle, “ont irmi 3ouratiéros
et à
édi-
mes
‘ Hâtons-nous de dire ce qu'étaient les mœurs, les coutumes, les travaux, les vertus de nos pères, avant que les innovations du progrès moderne ne les aient fait entièrement disparaître.”
M. de Gaspx.
La bonne simplicité de nos anciennes familles canadiennes s'en va chaque jour, et avec elle s'en vont de belles et pieuses traditions qu'il importait de conserver.
Bien que simples jusqu’à la naïveté, les mœurs de nos pères étaient empreintes d’une vigueur toute antique et d’un esprit de foi digne des âges très chrétiens. Le moment vint où cette simplicité d’antan n'a plus été de
mise, et l'engouement pour ies innovations la fit passer de mode. Sous cette simplicité d'une vie primitive s’abritaient de solides vertus: on n'a pas pu détruire ‘abri, sans porter atteinte aux vertus elles-mêmes.
Si, sur la route, l’on n’eût laissé tomber de nos coutumes que ce qui pouvait nous arriérer, pour adopter ce qui était bien et mieux, l’écaange n'eût pas laissé d’être avantageux et conforme aux bonnes traditions. La marche aurait paru trop lente à quelques progressistes,—toutes les marches ascendantes le sont—mais à la fin nous nous serions trouvés plus haut. Le mouvement s’est opéré souvent en sens contraire ; et pour nos habitants des campagnes surtout, cette route du nouveau est devenue une pente, où ils se sont laissés glisser. Ilest arrivé ce qui est naturel: ils se sont trouvés plus bas.
Le génie inventeur de notre temps a créé
une prospérité matérielle incontestable : personne ne refuse de le reconnaître. Mais en procurant un travail plus facile, il a laissé des
ns la )licité >lides sans
er de riérer, x, l’éux et arche ogreses le ouvés uvent s des uveau aissés
el : ils
loisirs plus long, des amusements et un bienêtre qui ne sont pas étrangers au luxe qui envahit de plus en plus notre population. En disparaissant, les habitudes d’un travail continuel, rude il est vrai, mais gai, ont laissé la porte ouverte à l'oisiveté et à son cortège.
Il ne faut pas cependant se faire l'écho des pessimistes, et dire que rien n'existe plus des temps d'autrefois. On ne guérit pas un mal en l’exagérant. L'amour du travail et du devoir, l'esprit de foi, l'hospitalité polie et charitable, la docilité à suivre les enseignements de la religion, ne sont pas entièrement bannis du sein de nos paroisses franchement catholiques.
Ces pages, avec leurs faits et les caractères qui y sont dessinés, offrent maintes preuves de cette conservation.
Boucherville, plus que bien d’autres paroisses, a eu l'avantage de garder jusque dans leur extrême vieillesse, des hommes nés sur
les terres où, il y a plus d’un siècle, travaillaient leurs pères et leurs aïeuls. Après avoir vécu avec eux, quelques-uns de ces octogénaires vivent encoreaujourd'hui avecleurs enfants. Ils ont reçu sans mélange et transmettent de même sans interruption à leurs fils, leurs vieilles traditions. On a bien pu quelquefois changer, en les améliorant, les goûts et le mode d'action de ces vieillards: ce qu'il y avait de solide dans leur foi et leurs mœurs canadiennes est resté, comme reste la soli-
dité du tronc et des racines d’un arbre, quand
il pousse un nouveau feuillage et de nouveaux rameaux.
Ces champions de l’âge et de la culture ont eu, jusqu à aujourd'hui, contre toute funeste innovation, une influence marquée. Les nobles familles qui ont fondé et sans cesse habité Boucherville, ont aussi puissamment contribué à maintenir en partie cet esprit primitif, aussi religieux que national.
Il importe de garder intact ce qui en reste, C'est dans l'intention de contribuer à cette
ravails avoir génainfants.
ent de , leurs 1elquets et le qu'il y mœurs la soliquand veaux
reont uneste
nobles
habité tribué