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fication et la gloire de notre peuple—dans son intimité ; et il découvrira à la postérité les trésors de ce cœur, lus fécond encore que son esprit si fécond en grandes œuvres ; c& ar généreux, aimant, apostolique, à jamais dévoué à son pays, à tous ses frères et fils en Jésus-Christ, à ses compatriotes, à tous ses chers Indiens, à la religion et à Dieu.
Essayerons-nous maintenant de reproduire quelques traits de la vie de sa vénérable mère ?
Dans l'impossibilité où nous sommes de le faire convenablement, nous devrions peut-être nous contenter de dire qu'elle a été, en tout, digne d’être la mère d’un tel fils; phrase, ici, éminemment vraie, malgré sa banalité.
De Mme Taché, comme de la mère de Mer Parisis, on a pu affirmer qu’ “elle avait le sang qui engendre les successeurs des apôtres.” Comme de l'humble mère du cardinal-évêque de Poitiers, l'illustre Louis-Édouard Pie, on a pu dire d’elle encore, que “la qualité qui devait être le trait caractéristique de toute son existence, c'est-à-dire la disposition, le désir, le besoin de se dévouer pour les autres, sans aucun retour sur soi-même, éclata de bonne heure en elle, et dans de telles proportions qu'elle était vraiment au service de tous. ”
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Dix-huit ans sont passés uepuis sa mort, et cependant prononcez encore son nom à Boucherville, et les habitants de la campagne comme ceux du village vous rediront, dans l'expression spontanée de leur admiration : “ Ah! comme elle était charitable ! Que c'était une sainte personne !”
La vertu native de Mme Taché, perfectionnée dans le malheur, s’élèva à une hauteur où ne monte pas ordinairement celle des femmes du monde, Portant, encore sur son front la double auréole de la jeunesse et de la beauté, douée d’antrnt d'esprit que de générosité, de noblesse et de gaité de cœur, Mme Taché eût pu voir de nouveau le monde lui sourire, l’admirer, lui apporter ses amitiés et ses joies. Elle en fit volontiers le sacrifice, de même qu'elle s'était résignée à celui que Dieu venait d’exiger d'elle, en lui enlevant son époux.
Le jour où son frère se vouait à son bonheur et à celui de ses enfants, elle, en secret, promettait à Dieu de rester à jamais dans son veuvage, de porter toute sa vie des vêtements de deuil, de s'abstenir de toutes soirées et amusements mondains.
Comme son frère, elle vivait au vieux manoir, modestement, retirée, connaissant surtout la route
de l’église et celle des pauvres logis, où elle appor-
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tait l’'aumône et les consolations ; elle passait ses loisirs à cultiver des fleurs, ou dans de doux entretiens avec ses deux enfants.
Après les soins donnés à sa famille et pendant ses longues soirées solitaires, quand ses fils étaient au collège, elle aimait aussi à consacrer des heures à l'étude. Elle n'était pas seulement douée des talents d'agrément ; elle avait une intelligence supérieure ; c'était, au sens éminent du mot, une femme savante. Elle s'était livrée depuis ses années de couvent, à des études constantes d'histoire, de philosophie, de littérature, de botanique et même d’astronomie ; “elle y avait acquis, nous avouait un jour Mgr Taché, une science qui m'étonnait, ”
Humble néanmoins, elle le fut toute sa vie. L’acquisition d'une nouvelle connaissance lui était une nouvelle occasion de louer Dieu. Oh ! que ne nous est-il donné de réunir toute l'admirable correspondance entre elle et ses fils: sincère épanchement
cœur, où l’on verrait briller sous l’élédon de style d’une Sévigné, les pieux senent. d'une Blanche de Castille.
La volonté de Dieu était pour Mme Taché la règle de toutes ses actions. Lorsque Alexandre-
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Hyacinthe, et que ke moment de choisir un état de vie fut arrivé, il voulut faire part à sa mère de ses intentions ; et comme elle le voyait en proie à l'anxiété : “ Mon fils, lui dit-elle en l’embrassant, sois libre! je prie pour que Dieu t'éclaire; svis docile au directeur de ta conscience.”
Quelques jours après, quand il lui annonça sa décision d'embrasser l’état ecclésiastique, sa mère alla, devant son crucifix, s'agenouiller dans une longue prière d'action de grâce.
Le séminariste ne fut pas longtemps sans entendre un autre appel de Dieu. La vie religieuse souriait à son âme avide de dévouement ; il ,ésolut d'y entrer.
Cette fois, l'amour maternel fut mis à l'épreuve ; mais il fut sans faiblesse, et en partant pour le noviciat des RR. PP. Obluts, Alexandre-Antonin n'eut, avec les adieux et la bénédiction de sa mère, que ces paroles : “ Va, mon fils, où Dieu t’appelle.”
Dieu voulait encore davantage. Un jour que le novice Oblat de Marie-Immaculée sortait d’un exercice de piété, on vint lui dire que sa mère était gravement malade. Son afiction fut grande, on l'imagine ; il pria, il communia, il souffrit pour sa
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La maladie s'aggravait sans cesse, et on vint lui annoncer enfin que la mort semblait prochaine. La mort! se dit-il, en sentant les larmes monter de son cœur; eh quoi ! je n'obtiendiais pas de Dieu sa guérison en faisant, à mon tour, un sacrifice comme elle en a tant faits pour moi! Entrant alors dans la chapelle, il se prosterne devant le tabernacle, et avec toute la confiance et l'amour de son âme, il dit à Notre-Seigneur Jésus-Christ: “ Mon Dieu, rendez la santé à ma mère, et prenez-moi! Je me consacre à vous, je serai votre missionnaire; j'irai chez les nations sauvages de l'ouest, pour vous gagner des âmes et travailler à votre gloire !”
Il fallut bien à Jésus entendre cette prière. La mère du ieune héros de l'amour filial fut guérie.
Quelques semaines après, un jour que M. de la Broquerie était en visite au noviciat, son neveu lui déclara le pacte héroïque qu'il avait fait avec Dieu. Une seule chose l’incuiétait, c'était de savoir ce qu'en penserait sa mère,
—Rassure-toi, lui dit son oncle, en comprimant sa propre émotion ; tu connais ta mère : l'épreuve sera rude, mais, tu le sais, elle ne mettra jamais le moindre obstacle à l’accomplissement de la vo-
lonté de Dieu.
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L'été suivant, le jour de la Saint-Jean-Baptiste, le jeune missionnaire disait à sa mère un nouvel adieu—le dernier pensait-elle—et partait pour le Nord-Ouest. Malgré sa résignation et son énergique volonté, Mme Taché ne put retenir ses larmes ; et comme elle craignait, en pleurant, d’afiger son fils: “Ne t'étonne pas, dit-elle, de voir des pleurs ; je dois bien payer quelque chose à la nature ; mais de tout mon cœur, je veux ce que Dieu veut.”
Dans ses lointuines missions, au milieu de ses travaux, de ses courses apostoliques, Mgr Taché resta toujours étroitement attaché à sa vénérable mère. Dans ses fatigues, il se réconfortait à la pensée des sacrifices qu’elle s'était imposés, il l’aimait en Dieu de toute son âme, rattachait à elle ses réminiscences les plus chères. Il nous a lui-même communiqué, dans ses Vingt années de missions, l'impression qui saisit son cœur lorsque, se dirigeant vers l’ouest, il lui fallut après un long trajet quitter les bords des grands lacs, sources du Saint-Laurent, “Je bus de cette eau pour la dernière fois, écrit-il ; jy mélai quelques larmes et lui confiai quelquesunes de mes pensées les plus intimes, de mes sentiments les plus affectueux.
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onde limpide, après avoir traversé les chaînes de nos grands lacs, iraient battre la plage près de laauelle une mère bien-aimée priait pour son fils, pour qu'il fût un bon Oblat, un saint missionnaire.
“Je savais :jue toute préoccupée du bonheur de ce fils, elle écoutait jusqu'au moindre murmure du nord-ouest, jusqu'au moindre murmure de la vague, comme pour y découvrir l'écho de sa voix demandant une prière, promettant un souvenir.”
Mgr Taché se rendait, en visite pastorale, dans une des paroisses de son archidiocèse, quand on iui apporta le message annonçant la mort de sa mère, arrivée le 23 juillet 1871. À son tour, il dut payer un tribut de douleur à la nature. Que n'eût-il du moins la consolation d'alléger ses soutfrances, de l’assister à ses derniers moments Mais Dieu soit béni! ditil, ma mère jouit d’un bonheur plus grand que celui d'avoir vu et embrassé son fils avant de mourir: elle voit Dieu dans le ciel !
Mgr Laflèche, entouré de prêtres, de parents et
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d'amis des familles de la Broquerie et Taché, chanta le service funèbre à Boucherville. Quelques jours plus tard, Mgr l'archevêque de Saint-Boniface offrait, lui aussi, le saint sacrifice pour l’âme de sa
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Neuf ans après la mort de Mme Taché, le vénérable M, de la Broquerie alla la rejoindre au ciel Ses Parents, la fabrique, les pauvr du purgatoire furent ses hé acheta des cohéritier
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En 1884, il tit don du manoir aux pères Jésuites. Il a mis lui-même Par écrit les raisons qui l'ont engagé à cette donation génére sons, écrit-il qui m'ont déte
Broquerie, sont :
use : “ Les deux rai.
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