INTRODUCTION
Le voyageur qui parvient à Fès, après de longues journées de route à travers les plaines du Gharb et les collines argileuses des Cherârda, possède encore la chance, unique à Taube du xx® siècle, d'y trouver une civilisation maure que le contact de l'Europe moderne n'a pas encore entamée. Des prairies marécageuses du Sais, il aperçoit d'abord, en arrivant, de hauts remparts aux créneaux pointus, les toits en tuiles vertes d'un palais et quelques minarets auxquels les sommets neigeux des Béni Ouaraïn et des Ghiata forment un arrière-fond lointain. C'est ¥ës Eljedid ou Fès le Neuf, mais ce Fès le Neuf date du xiii** siècle... Plus loin, la plaine du Sais finit et dans la dépression qui conduit au Sebou, le petit affluent auquel la ville a donné son nom, la cité sainte de Mouley Idris, Fès Elbâli, Fès le Vieux, se révèle brusquement avec ses terrasses blanches, ses minarets, le toit vert du sanc-