Intiqsa, tome IT, pages 124 et suivantes
à Fès, enterré d'abord dans une mosquée de Fès le Neuf et transporté ensuite au Qolla.
Les tombeaux sont encore au nombre de quatre, deux au sommet de la butte, le troisième, dont la qoubba est encore intacte, un peu au-dessous, enfin le qua-
Cliché Jaffary
Ruines d'un mausolée mérinide.
trième au centre d'une petite mosquée ruinée : c'est sans doute celui de Abdelaziz ben Aboulhasen. Presque tous les autres princes mérinides furent enterrés hors Fès, à Marrakech, comme Yaqoub ben Abdelhâqq, ou à Chêlla, près de Rabat.
L'un d'eux, pourtant, et non des moins fameux, Fémir Abou Inân ben Elhasen finit tragiquement ses
jours dans sa capitale. Étant tombé gravement malade, il avait désigné pour lui succéder son fils Abou Zidân. Le choix ne plut pas à son vizir Elhasan-Elfondoudi qui, profitant de la maladie de son maître, fit proclamer le frère cadet de Bou Zidân sur lequel il comptait avoir plus d'action. Le lendemain, comme il avait annoncé la mort du Sultan, le peuple se rassembla pour la sépulture, mais le vizir anxieux attendait en vain la fin de son souverain, l'agonie se prolongeait. Craignant enfin de voir découvrir sa supercherie, Elhasan Elfondoudi hâta la mort du Sultan en l'étoufl^ant sous un matelas. Si les murs des coupoles construites sur les tombeaux du Qolla sont encore debout, on n'y voit plus ni les marbres, ni les inscriptions dont parle Léon l'Africain. Ils furent ruinés, sans doute, lors des désordres qui mirent fin au règne des Mérinides et les Sultans chérifs se gardèrent d'entretenir ces constructions qui rappelaient le souvenir de leurs prédécesseurs.