Jedouet Eliqtibas
2. La baraka est une grâce divine plus ou moins intense qui permet à certains mortels ou à leurs cendres de jouir de diverses propriétés surnaturelles et d'opérer des miracles. La baraka est l'attribut du marabout.
FÈS ELBALI. 13T
Eliqtibas et le Salouet Ëlanfas en donnent la longue énumération. Les plus célèbres sont Sidi Ali Essenâji et un descendant du Sultan Yacoub Elmansour, Sidi Hammamouch, jurisconsulte renommé, mort vers le milieu du x" siècle de Thégire.
Près de là se trouve la tombe d'un savant d'une époque plus récente, Elhadj Mohammed Elgenoun, professeur à Qarouiyin, mort en 1885 seulement. Le fqih Elgenoun, dont on s'entretient encore souvent à Fès, était réputé pour la rigidité de sa doctrine et la franchise souvent brutale avec laquelle il exprimait au Sultan son avis sur les abus de pouvoir du Makhzen et la vénalité des fonctionnaires. Il jouissait, d'ailleurs, d'une grande autorité auprès de Mouley Elhasen qui le faisait fréquemment appeler au palais. Son enterrement donna lieu à une cérémonie grandiose à la mosquée des Andalous, et le deuil fut conduit par Mouley Ismaïl, frère du Sultan.
C'est au sommet de cette colline funèbre que se trouvent les sept coupoles des sebaatou ridjâl, les « sept hommes », marabouts anonymes dont la mystérieuse baraka est très sollicitée des fidèles.
Lazaouiya de Sidi Harazem, isolée sur un petit tertre près de Bab Fetouh, est une des plus réputées de Fés après Mouley Idris... Sidi Ali ben Herzihim*, natif de Fès, fut en son temps ^ un savant d'une éloquence et d'une réputation telles que les « Djins » eux-mêmes, ne dédaignaient point, d'après la légende, d'assister invisibles à ses cours à Qarouiyin, et reconnaissaient l'autorité de sa science. Aussi les personnes dont la raison commence à se troubler et qui s'imaginent être