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CHAPITRE II

DE BÈZE A LA RÉVOLUTION FRANÇAISE. FLÉCHISSEMENT DU DOGME ET DE LA DISCIPLINE ; INTÉGRITÉ DE LA CITÉ DE DIEU.

I. — Les transfigurations de Genève: la ville marchande devenue citadelle, l'évêché devenu prison. — Aspect de « halle » de la cathédrale de Saint-Pierre. — Disparition >?<--- imagtefrsj arrivés deg typographes, »•» Rôle d® Tinv

primerie genevoise. — Les chaires genevoises :1a multipli cité des langues. — Genève, assemblée des hommes de Dieu# — Intérêt que toute la chrétienté prend aux choses genevoises : invectives de Ronsard : la « ville la plus haïe »> (cardinal d'Ossat). — Genève, éperon de la Réforme vers le Sud. — Insertion définitive de l'histoire de la nouvelle Genève dans les destinées religieuses de l'humanité. — La rançon de ce prestige : sacrifices demandé» aux Genevois. — Les visites domiciliaires des pasteurs : les convocations devant le Consistoire. — Les ordonnances somptuaires : proscription du théâtre, proscription du luxe privé, proscription des artistes étrangers. — Genève devenue une « ville triste » (Marc Monnier). — Diminution progressive des libertés civiques. — Obéissance des Genevois, fiers de leur « élection » 101-111

II. — Théodore de Bèze : le théologien, le recteur, le poète.

— Son rôle dans la Compagnie des Pasteurs, dans l'Académie, dans l'État genevois. — Hégémonie du patriciat sur le corps directeur de l'Église. — Progrès de cette hégémonie à travers le dix-septième siècle : témoignage de Gregorio Leti en 1685. — Les remontrances des pasteurs à

'État, théoriquement soumis à la parole de Dieu. 111-116

III. — L'esprit de défensive de la cité genevoise. — Alarmes provoquées par la nouvelle de la Saint-Barthélémy (1572)

— Consigne donnée aux Genevois : « tenir leurs armes prêtes et hanter les sermons. » — Arrivée des réfugiés de France; purification de ceux qui s'étaient « pollués aux idolâtries ». — Situation délicate des magistrats : leur prohibition de certains écrits contre la Saint-Barthélémy.

— Organisation militaire de la ville. — Genève et les menaces savoyardes. — Appel à l'argent de l'étranger, aux bras des protestants étrangers. — Le « nid d'hirondelles » menacé par les soldats de Savoie. . . 115-122

IV. — Le « nid d'hirondelles » menacé par les théologiens de Savoie. — Saint François de Sales, Humaeus, le Père Chérubin. — Controverses sur les places de Genève. — Processions catholiques aux alentours de Genève : la Croix de bois d'Annemasse. — Lignaridus et le Père Chérubin.— Les Quarante heures de Thonon (septembre 1598).

— Fondation à Thonon d'un centre d'apostolat catholique.

— Efforts de la diplomatie papale et savoyarde en faveur des catholiques opprimés par Genève. — La paix de

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Vervins (1598) : Genève maintenue en possession des biens ecclésiastiques. — La paix de Lyon (1601) : la sécurité du Ghablais garantie contre les entreprises genevoises 122-127

V. — Le sacre de saint François de Sales (1602). —Une heure critique pour Genève : la tentative de l'Escalade (11 -12 décembre 1602). — Les Savoyards en fuite. — Commentaires des prédicateurs sur Dieu sauveur de Genève. — Commentaires des chansonniers : Ce que Vai no. — Les hymnes d'Agrippa d'Aubigné. -- Conclusion tirée par les imaginations genevoises : Genève victorieuse de 1' « Antéchrist » romain. — Exacte attitude du Saint-Siège à l'endroit de Genève, d'après les documents récemment publiés sur l'Escalade. — Force et perpétuité des traditions genevoises relatives à l'Escalade : leur portée apologétique 127-132

VI. — Représailles genevoises contre l'Escalade : le sacrilège de Saint-Genis. — Traité de Saint-Julien (juillet 1603). — Les sentiments de saint François de Sales à l'endroit de Genève victorieuse : sa chevauchée à travers Genève (1609). — L'idée d'une conversion des Genevois ; espérances et découragements. -— Nouvelles démarches diplomatiques et nouveaux préparatifs militaires contre Genève. — Genève toujours aux aguets. — Des quêtes à l'étranger pour sa défensive. — Les bastions de Hollande et de Hesse. — Canonisation de saint François de Sales : nouvelles alarmes de Genève (1665-1667). — Superstitions genevoises en matières de projectiles. . 133-142

VIL — Les mesures protectrices contre la colère divine. 1» Proscription du papisme. — Surveillance de la propagande catholique. — Dénonciation contre les peintures papistes. — Dénonciation contre les statues ornant le tombeau du duc de Rohan. — 2° Proscription du luxe. — Raffinement des ordonnances somptuaires; artifices des patriciens pour s'y dérober. — La Chambre de la Réformation, — Plaidoyer d'un mari pour les mouches de sa femme. — 3° Proscription des pompes funèbres. — Indifférence systématique à l'endroit des dépouilles mortuaires et des cimetières ; préoccupation constante d'éviter tout renouveau du culte des morts. — 4° Proscription de la liberté de penser. — Giordano Bruno à Genève. — L'anathème contre Remond d'Annonay. — Procès du pasteur

Nicolas Antoine, accusé de conversion au judaïsme : sa condamnation à deux morts successives . . . 142-152

VIII. — Fixation de l'orthodoxie calvinienne. — Part prépondérante de l'élément intellectualiste. — La prédestination mise en syllogismes. — Recul de l'humanisme genevois au dix-septième siècle ; domination exclusive de la théologie. — Action des théologiens genevois Théodore Tronchin et Diodati contre les « remontrants » : leur attitude au synode de Dordrecht; leur appel au bras séculier. — Action des théologiens genevois contre les doctrines de Saumur, coupables de mitiger le dogme de la prédestination. — Le formulaire de 1647; les thèses de 1649 ; caractère impérieux de ces documents. — Une évolution de la théologie genevoise : Louis Tronchin. — Un accommodement avec les formulaires. — Les échappatoires d'Alexandre Morus. — Travaux souterrains contre l'orthodoxie. — Revanche des théologiens prédestinationnistes : le Consensus de 1678. — Une victime du rigorisme orthodoxe : le théologien Leclerc — Autoritarisme affiché de la théologie genevoise au dix-septième siècle. — Rai* son suprême de cet autoritarisme : s'opposer aux « variations » des Églises protestantes, dont Rome pourrait profiter 153-162

IX- — Rome dans Genève : introduction de la messe par Chauvigny, résident de Louis XIV (30 novembre 1679). — Guerre de taquineries entre Chauvigny et les- Genevois.

— Les portes de Genève fermées un jour de Chandeleur.

— Rappel de Chauvigny par Louis XIV. — Maintien de la messe à Genève, « regardé comme un prodige par toute l'Europe. » — Un mot du nouveau résident Dupré : « La messe est l'horreur de ces gens-ci. » — Conversions genevoises au catholicisme; prières de Mme Guyon pour la conversion de Genève. — La messe endurée par raison d'État : victoire de Louis XIV sur la ville-Église. — Son aspiration vers une seconde victoire : ses efforts pour empêcher Genève d'accueillir les protestants chassés de France par la révocation de l'édit de Nantes. — Menace d'affamer Genève. — Maintien occulte, dans Genève, d'un certain nombre de familles immigrées. — Construction du temple delà Fusterie. — Surveillance intérieure exercée dans Genève pour le compte de la France et de la Savoie : Gallatin, 1' « Inconnu ». — Joie des Genevois pour les victoires de Guillaume d'Orange : leurs excuses

au résident de France. - Deux spectres obsédant les imaginations genevoises : les troupes du grand Roi, et l'arrière-garde des curés savoyards. - Un poème du

temps : la Conspiration de Compesières uw-«o

X. - Le dix-huitième siècle : le fléchissement du dogme calvinien. - Un précurseur : le philosophe Chouet. - Jean-Alphonse Turrettini. - Les Tronchin, les Turret lin, : les « variations » de la Réforme d'une génération a 1 autre

- Activité européenne de Jean-Alphonse Turrettini : ses correspondances avec l'étranger. - Son esprit d .éclectisme. - Mitigation des formulaires (1706). - ^ipdjnification du monde réformé sous les auspices de Genève.

- Disgrâce définitive des formulaires (1725). - Pronostics attristés de Benedict Pictet. - Disgrâce progressive du catéchisme calvinien. - Caractère nouveau des rapports entre Genève et le reste de l'Europe . . uw

XL- Les mœurs politiques et sociales dans la Genève du dix-huitième siècle. - Aggravation de l'hegemonie patricienne. - Infiltration des idées nobiliaires. - Progrès de la richesse et du luxe. - Hiérarchie de castes hostiles : le patriciat, les représentants, les natifs - Luttes politiques et sociales. - Appels à la catholique France et a la catholique Savoie pour qu'elles interviennent dans ces luttes. - Conséquence de ces appels : suppression de la fête de l'Escalade. - Les passions politiques devenues plus fortes que les susceptibilités religieuses. - Diminution croissante de l'influence politique des pasteurs. - Solidarité du corps pastoral avec les intérêts patric.e .ne. Tactique des partisans des réformes : ils allèguent des précédents remontant au moyen âge. - Cloison étanche entre leur éducation calviniste et leur programme^ reformes

XII - Le fléchissement de l'esprit de foi. - Aveux de Pierre Fatio, de Vaudenet. - Courants mystiques dans la Genève dû dix-huitième siècle. - Les précurseurs de ces courants mystiques et la philosophie déiste .Beat de Murait, Marie Huber. - Embarras des pas leurs . leur oscillation entre le christianisme révèle et te^u.

déisme

XIII — Un spectateur survenant dans Genève : Voltaire. - Sa lutte contre les pasteurs au sujet du théâtre. - . tactique ; jeter Je discrédit sur leur abandon du Grm* ~>

Voltaire vengeur de la mémoire de Servet. — Projet des pasteurs de défendre Calvin contre Voltaire : refus par les magistrats de communiquer le dossier de Servet. — Réponse officielle des pasteurs à l'article de d'Alembert.

— Difficulté de « donner un état à Jésus-Christ ». — Rousseau à la rescousse des pasteurs contre le théâtre : la Lettre sur les spectacles, — Manèges de Voltaire : il brouille Genève et Rousseau. — Le bûcher du Contrat social et de V Emile. — Persécutions du patriciat contre Rousseau. — But de ces persécutions : rétablir l'honneur de l'Église de Genève. — Dispositions flottantes des pasteurs à l'endroit de V Emile. — Les Lettres de Jacob Vernes sur le Christianisme de M. Jean-Jacques Rousseau. — Riposte de Rousseau : les Lettres de la Montagne. — Allégresse triomphante de Voltaire : le théâtre à Ferney. — Genève déridée par Voltaire - 196-207

XIV. — La discipline calvinienne définitivement sapée. — Introduction du théâtre à Genève. — Introduction des arts plastiques ; création de l'école de dessin. — L'esprit frondeur des patriciens : « c'est la faute à Voltaire ». — L'esprit frondeur du quartier Saint-Gervais : « c'est la faute à Rousseau ». — Désertion progressive des temples.

— Témoignage de Brissot sur la pratique religieuse à Genève. — Diminution du nombre des prêches. — Diminution des vocations au pastorat. — Progrés du déisme parmi les pasteurs. — Les thèses de théologie de la fin du siècle. -— Réduction de l'enseignement de la théologie à deux chaires. — Le caractère même de l'Académie calvinienne mis en péril 207-219

XV. — Un trait qui demeure intact : l'antipapisme. — Visées constantes des évêques d'Annecy sur Genève. — La Maison du refuge d'Annecy. — Le catholicisme aux portes de Genève : Pontverre à Lancy, Fremin à Pregny. — Une circonstance qui facilite la propagande catholique à la campagne : enchevêtrement des territoires genevois et des territoires savoyards. — Vigilance et pénalités genevoises : le maître de danse Noiret devant le Consistoire.

— Caractère antipapiste des réjouissances de 1735, fêtant le second centenaire de l'abolition de la messe. — Statistiques officielles des catholiques présents à Genève. — Genève centre de propagande anticatholique : des livres calvinistes dans des tonneaux de thé. — Inquiétudes genevoises h la fin <!u »$c!q ; syrimtôirçes diflflitrations catho-

liques. — Immigration de prêtres et de nobles catholiques au moment de la Terreur 216-226

XVI. — Genève révolutionnaire: les sacrilèges du résident Soulavie. — La chapelle du résident de France fermée. — Motions des clubs en faveur de la liberté de conscience. — ■ Une manifestation hostile de la Compagnie des Pasteurs : le sermon du pasteur Mouchon (Noël 1793). — - Maintien par le peuple genevois de l'obligation pour tout citoyen genevois d'être protestant. — Contraste entre le rùle philosophique et politique joué par les Genevois dans le Paris de la Constituante et l'esprit d'intransigeance confessionnelle de Genève. — La liberté de conscience considérée comme incompatible avec la cause finale de Genève. —Arguments fournis par le Contrat social en faveur du maintien de la personnalité religieuse de la cité calvinienne. — Réhabilitation de Rousseau par la Genève révolutionnaire. — Le Contrat social devenant <« le Coran de la théocratie calviniste ». (Seippel). — Rousseau destructeur suprême de la dogmatique calvinienne et théoricien d'une religion d'État qui répond au vieil idéal de la cité calvinienne. — L' « idolâtrie » catholique proscrite, au nom du Contrat social, pour raison d' « insociabilité » 226-235

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