‹ Une ville-égliseChapitre 74 sur 121 · Gaderel, II, pp. 95 et suiv · texte numérisé non relu

Gaderel, II, pp. 95 et suiv

teurs, qui penchaient pour l'indulgence. Mais non, ripostaient les autres, ce n'est pas seulement dans ses heures de folie qu'il a blasphémé ; ces blasphèmes furent antérieurs à sa folie, et ces blasphèmes survivent à sa folie ; elle ne fut, cette folie, « qu'une forme de jugement de Dieu, par lequel Dieu les manifestait; » cet homme mérite la mort. Telle fut la conclusion de la majorité des pasteurs; et conformément au mot des Saints Livres, solennellement rapporté par l'un d'entre eux : « Tu racleras les méchants du milieu de toi, » Nicolas Antoine fut conduit à Plainpalais, étroitement garrotté, afin que les blasphèmes demeurassent au fond de sa gorge, puis étranglé, et enfin brûlé; et le procès-verbal constate que le bourreau l'ayant délié du poteau où il avait été étranglé, on le vit encore « remuer la tête et les jambes lorsque le feu fut mis au bûcher, tellement il sentit encore l'un et l'autre supplice en son corps ». Les Genevois, en voyant ce relaps souffrir ainsi deux morts, apprirent, par une juste frayeur, que chacun doit « se rendre docile à croire ce que Dieu nous a révélé1 ».

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