‹ Une visite à Bedlam comédie en un acte, mêlée de vaudevillesChapitre 17 sur 23 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les Précédens , CRESCENDO.

crescendo , paraissant dans le fond, un papier de musique

à la main.

Che veggio ! Quai spectacolo 1 Amélie, qui était prêle à se trahir, aperçoit Crescendo , pousse un grand cri, et s'enfuit , en fermant la grille sur elle. Ah!

CRESCENDO

Son Altesse aux pieds de mon écolière !

ALFRED

Elle a disparu ! (prenant Crescendo au collet. ) Malheureux! c'est ta présence qui l'a fait fuir!... où est-elle, dis-moi, tu m'en répondras ?

crescendo.

Moi, mon prince?... ( à part.) A qui en a-t-il?

Alfred.

Eh bien , que fais-je?... suis aussi insensé que lui j mai* vit-on jamais un malheur égal au mien ? {regardant le portrait) Amélie, bonne Amélie!

crescendo , humblement.

Mon prince... cest ce fameux air en mi bémol !

ALFRED

Eh ! laisse-moi tranquille... Dis-moi plutôt... connais-tu cette jeune dame, qui, tout-à-f heure.

CRESCENDO

Sans doute.

alfred , avec Jeu.

Tu la connais, tu la vois souvent ? Ah I je t'en prie , parlemoi d'elle.

CRESCENDO

C'est la comtesse Amélie.

ALFRED

Oui...

CRESCENDO

Cest la nièce de M. le Baron , du maître de ce château, du possesseur de cette maison de plaisance... de celui que vous avez vu.

ALFRED

Allons, le château, le Baron ... et Bedlam ! . . . Voilà sa tête qui se perd... Aussi, où ni'avisais-jç d'aller lui demander des rensciguemens?...

CRESCENDO

C'est mon écolière : c'est moi qui lui montre la musique. . . et une voix î . . . une méthode ! . . .

ALFRED

Et au nom du ciel , laissons ià la musique. Rappelez-voui que vous n'êtes pas plus musicien que moi.

C if-SCENDO.

Comment ! pas musicien ?

ALFRED

Eh ! non , M. le Chancelier.

Cî'^SCENDO.

Moi , chancelier î rabaisser ainsi un compositeur distingué î . . .

ALFRED

Allons, je ne m'en tirerai pas!. .. Morbleu î laissez-moi.

CRESC NDO.

Non pas. . . Ton a abusé votre AUcsse - 7 mais elle va cou-

paître il signor Crescendo î Voici les lettres les pion flatteuse* qui m'ont été adressées par des princis et des directeurs de spectacles -, voioi des lettres de recommandation pour les piou grands personnages qui doivent éireence moment en Angleterre ; pour M. l'ambassadeur de France, pour M. le marquis de Valmont, M. le comte de Roseval...

ALFRED

De Rose val, dis-tu?

CRESCENDO

Oui, monsieur, lui-même.

Aiiî RK d , lui arrachant la lettre et la décachetant. Quest-ce que ça signifie ? •

CU F8CENDO.

Monseigneur est sans façons....

ALFRED

FJi î oui.... c'est pour moi, c'est le chevalier de Forlis , mon ami intime.... lisons.

r> D'après ta dernière lettre, tu dois être à Londres dans » ce moment. Jv t'adresse et te reconimaude il signor Cres- » cendo, mon maître de musique....

ckescendo.

C'est moi.

Alfred, continuant.

j> Un original....

ei\ESCE.\DO.

C'est moi.

Alfred , continuant.

» Qui ne manque pas de talent. * C'est daté'd'hier... Comment , il serait vrai... vous seriez réellement... Et ce château... Amélie , le Baron.,.. ?

cR esc en po.

Sont réellement- ce que je vous ai dit.

Alfred , vivement.

Quel bonheur! Oh! oui, c'est cela.... c'est cela même, mon cœur a besoin de le croire.... Je cours mïnformer, achevez de m'éelaircir.... cette jolie Amélie!.... son oncle. .. Ah! vous voulez me donner des leçons.... Morbleu ! je leur rendrai !.... tant d'idées se croisent , se confondent dans ma tête

Mou cher Crescendo !

CRESCENDO

Eh bien, Monseigneur, entendez-vous mon air?

alfued.

Va toujours, je l'écoute.

CRESCENDO

Tra , la, la , la.

Alfred, à part.

Mais j'aperçois Amélie et le Baron.... Ne perdons pas de lems. ( // s'enfuit par la gauche. )

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