ALFRED, AMÉLIE
Amélie , la tête couverte d'un grand chapeau à la Paméla.
Deuxième Couplet.
11 est parti , l'ami que j'aime !
Ai tout perdu ; le bonheur même , N'en est pour moi qu'avec celui Que j'aime !
Tout est chagrin , tout n'est qu'ennui , Sans lui !
no
ALFRED
Cetle voix ! . . quelle illusion ! . . Mais nou , c'est impossible.
«S *lz S j:. ule - ( ôtant son cha p eaa - > ° ui > ^ - >
n ... , alfred , qui s'est approché.
Ciel . cest elle !. . Quel changement dans ses traits!.. Mai* c est bien elle , c'est Amélie , plus jolie que jamais.
AMELIE.
Amélie î. . Qui m ' a appelée > Que veut cet étranger?
ALFRED
Elle ne me reconnaît pas ! . . Amélie !
(// lui prend la main. )
AMELIE.
Laissez-moi : votre vue me fait mal
, ALFRED
fct cest moi qui suis la cause
AMELIE.
Non, ne t'éloigne pas. . . Tu pleures, tu as du chagrin. Ecoute : est-ce que tu as été trahi , abandonné ?
ALFRED
T ai perdu tout ce que j'aimais.
, AMELTE.
■JE? rCSte , en ceslie «-.- Et moi aussi j'ai tout
perdu. . . Tu ne sais donc pas. . . Il est parti , ii sest éloigné.
ALFltED.
Comment se peut-il que sa raison se soit ainsi. . .
ALFRFD.
Amélie ! . . Reviens à toi , reconnais-moi ... Je suis Alfred.
AMELIE.
Alfred, dites-vous?. . Oui, Alfred, c'était son nom. . . Où est -il ;
ALFRED
Auprès de toi.
AMELIE.
Air de M. Jrédéric Kreubè.
Serait -ce L'ami que sans cesse Je désirais ?
Voilà sa vnW enchanteresse ,
Voilà ses trait* !
Mais non $me flatteuse ivresse
M'ah ise ici!
Et tes yeux ont trop de tendresse.
Ce n'est pas lui î
ALFRED
Même air.
J'avais quitte' nv n Amélie.
C'est crmrae lui !
ALFRED
J'avais méconnu mon amie.
AMÉLIE
C'est comme lui.
ALFRED
Mon cœur n'a biiiie' oue pour elle j J'en jure ici !
AMELIE.
Quoi ! ton coeur fut toujours fidèle.
( Douloureusement. ) Ce n'est pas lui.
Je savais bien que vous me trompiez. Alfred ne doit pat revenir. Mais c'est lui que je plains; oui, Monsieur, je le plains.
Air ï A Paris et loin de sa mère.
Ce n'est pas par coquetterie t Mais je crois entendre souvent Dire que je suis embellie , Et mon miroir m'en dit autant f Que ce soit ou non un prestige , Je ne suis pas si mal encor ! . . .
Voyez pouitant ce qu'il néglige Dites, dites, moi-n'a-t-U pas grand tort!
ALF&ÇD.
Ces tqu'en effet , elle est charmante.
AMÉLIE
Et puis... {mystérieusement) c'est un secret au moins, il ne faut pas lui en parler!... à son retour, je voulais le surprendre par mes progrès ï Avec quel plaisir j'étudiais î .. . c'était pour lui !... (avec giîté. ) Vous ne savez pas?... j'ai fait son portrait... si j'étais sûr que vous ne lui disiez point, je vous le montrerais... ( regardant autour d'elle*) Tenez, regardez vite, o'est-il pas ressemblant?...
Alfred.
Ah ! ie n'y tiens plus : j'en mourrai de douieur!
AMELIE.*/'
Je ne vous parle pas de ma harpe , de mon piano ! . . . mai» vous savez comme il aimait la waîse?... eh bien, monsieur, je walsc à ravir !
Alpred.
Elle waîse a ravir ! est-on plus malheureux! Quelle femme j'avais là !
Âirde M. Doche.
(Amélie fait quelques pas de waîse sur la ritournelle. )
Quel charme heureux ! quelle grâce légère Semble animer ses yeux de'jà si doux !
( Amélie s'arrête et le regarde. )
Daigne un instant écouler ma prière:
C'est ton amant qui tombe à tes genoux.
amelie le regarde tendrement , puis recommence à walser.
Tra la , la , la , la , la , la , la , la , la , laire , Trala là , la , la , la , la , la , la , la.
alfred , tombant a ses genoux. C'est Alfred... c'est ton époux, qui n'a jamais cesse' d« t aimer.